Les collectionneurs s'arrachent les cheveux d'Edgar Allan Poe

Clémence Chouvelon - 13.05.2015

Zone 51 - Insolite - Edgar Allan Poe - collection - cheveux


Ce n'est pas La chevelure de Charles Baudelaire, mais celle d'Edgar Allan Poe (1809-1849) qui déchaîne les passions des collectionneurs de tous poils. Atlas Obscura a reconstitué l'aventure post-mortem des cheveux du poète, que s'arrachent, c'est le cas de le dire, les musées, collectionneurs et même les bibliothèques à prix d'or.

 

 

Edgar Allan Poe

Edgar Allan Poe, portrait au daguerréotype

 

 

Un médaillon contenant l'une des mèches de cheveux de Poe, gardé précieusement par sa femme Virginia Clemm, puis transmis à Marry Herring puis à la fille de cette dernière, est ainsi conservé dans un coffre-fort par la bibliothèque publique de Baltimore depuis les années 1930. Cette relique est devenue une attraction pour les touristes, notamment en janvier, autour de l'anniversaire de Poe.

 

La Bibliothèque publique de Philadelphie aurait quant à elle en sa possession un médaillon contenant une mèche de ces cheveux bruns, dont la valeur s'élèverait à près de 500.000 $. Et ce ne sont pas les seules mèches de cheveux d'Egar Allan Poe, puisqu'une dizaine de ces étranges reliques existeraient.

 

Ces mèches de cheveux d'un autre temps auraient été récupérées sur le crâne du poète la veille de ses funérailles, le 8 octobre 1849. À cette funèbre occasion, les mèches de cheveux auraient été distribuées à ses proches, d'où leur voyage de mains en mains à travers le temps.

 

Une coutume qui peut paraître étrange aujourd'hui, mais particulièrement répandue en Europe et aux États-Unis à l'époque. « Tout au long du XIXe siècle, les mèches de cheveux étaient utiles à des fins de memento mori, pour commémorer les morts, et comme des symboles d'affection » explique Eva Giloi, historienne.  

 

Il est cependant difficile de confirmer l'authenticité de ces reliques capillaires, « trop facilement falsifiables », selon le conservateur de la New York Public Library, Isaac Gewitz « on peut couper une mèche de cheveux et dire qu'elle appartient à telle ou telle personne. Et qui pourrait dire que ce n'est pas le cas ? Je n'achèterais pas de cheveux, cela n'a aucune valeur de recherche. On n'apprend rien sur un auteur à partir d'une mèche de cheveux. »