Les frères Bogdanoff se feraient-ils mousser?

Clément Solym - 25.08.2010

Zone 51 - Insolite - Grasset - journalistes - Nobel


On ne sait plus quoi penser des frères Bogdanoff. Les deux scientifiques du PAF aiment le mystère. Ils l'entretiennent aussi. Pour ce qui est de la transformation de leur visages, de leurs articles scientifiques, mais encore, des ventes de leur « best-seller ». Quatre paluches ne sont pas de trop dans ce cas...

Dans le JDD du 22 aout, les frangins annoncent fièrement au sujet de leur dernier ouvrage:  « Il est numéro un, d'ores et déjà vendu à 200 000 exemplaires et en cours de traduction dans vingt pays ». Pour un ouvrage scientifique, Le Visage de Dieu, paru en mai, ce n'est pas mal. Et peut-être dû à la couverture qui pourraient être jugée limite, vu la censure de ces derniers temps.


Et Grichka Bogdanoff de renchérir le lendemain sur le Parisien: « On vient de dépasser les 250000 ventes et on est en route pour les 300000 ». Le fait est que les deux frères, qui pouvaient passer pour des comiques dans leurs émissions télé de vulgarisation scientifique (dans un faux vaisseau spatial) sont très sérieux avec leurs Doctorats en poche - mathématiques pour l'un, physique pour l'autre. Il faut souligner que Robert Wilson, Nobel de physique 1978 préface le livre, et que John Mather, Nobel même discipline en 2006 le postface.

Toujours est-il que leur sérieux ne dépasse pas les pages du livre. Car en dehors, les chiffres qu'ils clament haut et fort semblent un peu enflés. La maison d'édition Grasset, qui le publie, annonce elle 130.000 exemplaires, qui correspondent aux exemplaires commandés par les librairies et non ceux vendus. Selon l'institut Ipsos, qui prend en compte les librairies comme les ventes en ligne, les frangins n'auraient vendus « que » 68.000 exemplaires de leur essai, rapporte Rue89.

En physique et en mathématiques, on apprend généralement la rigueur. Du coup, Grasset botte en touche: « Ce sont les journalistes qui ont dû dire ça. Ils enflent souvent les ventes. » Ah oui, c'est vrai, le vilain journaliste, l'ennemi du peuple... Avec des adversaires aussi vils, aussi fourbes, malins et pernicieux, pas sûr que Grasset ait bonne presse à l'avenir.