Les liens du sang, le Roman feuilleton pour iPhone épisode 10

Clément Solym - 18.03.2009

Zone 51 - Chez Wam - liens - sang - feuilleton


A l’extérieur, le moteur s’était brusquement arrêté. Quelques secondes plus tard, un choc violent secoua le cruiser. Simon faillit perdre l’équilibre.
Le cruiser avait été heurté par un autre bateau. Simon remonta la coursive à la hâte.
Il grimpa rapidement sur le pont. A l’instant où il y parvint, trois hommes y bondissaient, l’un après l’autre. Ils étaient vêtus d’une combinaison noire, casqués et armés.
Il se retrouva nez à nez avec le premier. Ils furent aussi surpris l’un que l’autre. Mais c’est Simon qui avait les meilleurs réflexes. Il ne réfléchissait pas. C’était comme si son corps agissait de lui-même.
Il le frappa d’un coup de pied à l’entrejambe. Il tenta de lui arracher son arme. En vain. Les deux autres pointèrent leurs PM sur lui.
- Ne bougez plus !
Il leva à demi les mains, comme s’il se rendait. Il recula. Et soudain sauta dans l’entrepont.
Il atterrit dans la coursive, roula sur lui-même, se retrouva sur ses pieds. Il regarda rapidement autour de lui : il se jeta contre la porte la plus proche.
Il se retrouva dans une cabine plongée dans le noir. Il entendit un cri, puis quelques mots dans une langue qu’il ignorait connaître et que pourtant il comprit :
- Qui est là ? Que se passe-t-il ?
Une lampe s’alluma au chevet de la couchette. La chevelure grise en bataille, l’air ahuri, Harry se redressa sur ses oreillers.
- Paul ? Qu’est-ce que tu veux ?
- Le cruiser est pris à l’abordage !
- Quoi ?
Harry jaillit hors de son lit. Il portait un pyjama bleu. Avec des gestes affolés, il tourna sur lui-même, les yeux rivés au sol.
- Qu’est-ce que vous cherchez ?
- Mes chaussons !
- On s’en fout, de vos chaussons ! Il faut…
Simon n’eut pas le temps d’achever sa phrase. La porte s’ouvrit à la volée. Les trois hommes en casque et combinaison noire firent irruption dans la cabine, armes braquées. Simon comprit qu’il n’avait aucune chance. Il leva les mains.
Deux des hommes s’avancèrent jusqu’à lui. Il sut ce qui allait se passer avant même qu’ils aient esquissé le premier geste. L’un d’eux le frappa d’un coup de crosse à la tempe. Il eut juste le temps de se protéger à demi en parant de la main.
Il s’effondra. Etourdi. Mais sans avoir perdu complètement conscience. Il entendit, comme dans un brouillard de coton, la voix de Harry qui protestait :
- Qu’est-ce que ça signifie ? Ce n’était pas dans nos conventions !
Une autre voix, rauque et basse, lui répondit, comme de très loin :
- Ne soyez pas de mauvaise foi, Harry. C’est vous qui avez enfreint nos conventions.
- Je voulais avoir le temps de lui parler.
- Nous aussi, nous avons à lui parler. Il a beaucoup de choses à nous apprendre.
- Vous allez être déçu, Max. Il a perdu la mémoire.
- Vous déconnez ?
- Pas avec ça, Max. Amnésie totale.
- Merde !
Simon essaya de se redresser pour distinguer le visage de ce Max. C’était une erreur. Il reçut un second coup de crosse sur le crâne. Cette fois-ci, il perdit connaissance.
*
Un visage.
Un visage de femme.
Un visage de femme flottait dans son rêve.
Simon courait.
Il courait mais n’avançait pas.
Il sentait dans toutes les fibres de son corps qu’il était en danger. Un danger terrible, innommable.
Il devait s’enfuir.
Mais il n’avançait pas. Ses jambes étaient trop lourdes. Ses pieds s’engluaient dans le sol.
Et, près de lui, flottait ce visage.
Un si beau visage. Pommettes hautes, yeux violets en amande, lèvres ourlées, peau délicate, cheveux courts, dorés.
Et la peur.
La peur sur ce si beau visage.
Il cessa de courir. C’était inutile. Il tendit la main. Il voulait, il devait toucher ce visage. Pour rassurer cette fille si belle, si terrifiée.
Il essaya de lui dire : « Je suis là. » Les mots ne franchirent pas ses lèvres. Et, quand les doigts de Simon furent tout proches de son visage, soudain la fille recula d’un bond.
Une violente angoisse envahit Simon. Plus forte encore que sa crainte du danger sans nom qu’il cherchait à fuir.
Il se remit à courir. Vers elle. Pour la rattraper, la secourir, la sauver.
Mais elle s’amenuisait rapidement dans la perspective sans fin d’un couloir obscur.
Lorsqu’elle disparut, dévorée par les ténèbres, il eut l’affreuse sensation que l’angoisse lui déchirait les entrailles. Il hurla :
- Claire !

Son propre cri le réveilla. Il ouvrit les yeux. Il ne vit rien. Il était plongé dans le noir. Couvert de sueur. Haletant. Son crâne lui faisait mal.
Il perçut le bruit et les trépidations d’un moteur. Il sentit une odeur d’huile de vidange. Il comprit qu’il se trouvait dans la cale d’un bateau.
Mais il ne s’en préoccupa pas. Il était obsédé par une image, celle du visage rencontré puis perdu dans son cauchemar. Et il se répétait sans cesse ce nom, qui lui évoquait à la fois une grande douceur et une indicible épouvante : Claire…

À suivre...

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