Les poètes et écrivains d'Irak assoiffés : Patron, à boire !

Clément Solym - 03.12.2010

Zone 51 - Insolite - irak - alcool - ecrivains


Fait divers à consommer avec modération, en Irak, mais qui a suscité la colère d'écrivains et de poètes, qui ont, ce vendredi, manifesté dans Bagdad leur mécontentement... Pas contents, pas contents...

Selon l'AFP, qui rapporte cette anecdotique situation, des dizaines d'auteurs se sont retrouvés pour protester contre la fermeture, à Bagdad, de clubs privés, dans lesquels ils pouvaient se rincer le gosier. Non loin de l'endroit où siège l'Union des écrivains irakiens, on pouvait ainsi découvrir des banderoles avec des slogans libertaires, revendiquant le droit à vivre, même ivre.

Pour Fadhel Samer, le président de l'UEI : « Nous n'avons pas besoin d'un État à la Khomeiny ou d'un État taliban en Irak. » Et sur les panneaux, des phrases du type Bagdad ne sera pas Kandahar [ville du sud de l'Afghanistan].

Cité par nos confrères, le président ajoute : « Ce qui est fait aux libertés individuelles dans ce pays ressemble à ce qui se passait sous la dictature [...]. Cela nous rappelle les pratiques de l'ancien régime. » Une mobilisation qui intervient alors qu'un café où les écrivains et poètes se retrouvaient pour fumer le narguilé et boire de l'alcool a été récemment fermé. L'endroit se trouvait près de l'UEI, on comprend que faire plus de trajets pour trouver un troquet soit pénible.

Pour les autorités irakiennes, la fermeture de ce bar intervient en application bête et méchante d'un décret datant de Saddam Hussein, par lequel il était proscrit que l'on serve de l'alcool dans les restaurants ou les hôtels. Cependant, les épiceries ne seraient pas concernées.

Pas plus que les chrétiens ni les Kurdes, en fait.

Ségrégation, quand tu nous tiens...