Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Les 'Taxis du savoir' sillonnent Le Caire, offrant de la lecture

Clément Solym - 18.06.2011

Zone 51 - Insolite - taxis - egypte - livres


Depuis maintenant près d'un an, des taxis particuliers sillonnent la capitale de l'Égypte. Ces derniers proposent, à l'initiative d'Alef Bookstores, librairies égyptiennes, une initiative louable, autant de profitable aux utilisateurs.

Leur mission est simple, et s'étendait tout d'abord sur un parc de 200 véhicules : diffuser « la lumière du savoir et de l'apprentissage qui a fait jadis de nos grands penseurs arabes les piliers d'une civilisation moderne, pour toute personne qui franchit les portes » de la ville.

Engager la conversation et à la lecture

Le concept a pourtant quelque chose de révolutionnaire : Alef Bookstores prête en effet cinq ouvrages à chaque taxi, qui peuvent être échangés à tout moment. Les livres sont issus de dons, réalisés par les auteurs, des proches, des bénévoles, pour encourager non seulement les passagers, mais également les conducteurs à lire.

Le projet a été conçu en mai 2010, avec pour vocation de donner à lire massivement, et après deux mois de test, il a été généralisé pour l'année 2011. Aujourd'hui, on compte plus de 2000 taxis qui proposent ce service, avec plus de 10.000 ouvrages qui ont circulé de la sorte.

Wael Ibrahim, responsable aux librairies Alef explique que « les chauffeurs se sentent responsabilisés parce qu'ils offrent un nouveau service gratuit pour leurs clients, et les passagers apprécient de pouvoir discuter avec les conducteurs d'une manière différente ».

Épanouissement pour tous

Pour l'heure, le projet est conscrit aux taxis privés, mais les librairies Alef ont bon espoir de pouvoir atteindre un parc de 30.000 véhicules, toujours dans l'espoir de « changer les habitudes culturelles chez les Égyptiens et dans la classe moyenne, à l'égard des livres ».

Mohamed Saber, chauffeur dans le quartier de Dokki, explique combien cette initiative lui a permis d'engager la conversation avec des passagers, sans avoir d'échanges personnels, mais qui toujours restaient porteurs de sens. « La nuit, je suis également en mesure de lire les livres et moi-même de les partager avec ma famille », ajoute-t-il.


Tout le détail sur l'opération, à cette adresse (en arabe).