Macé-Scaron : connerie ou plagiat, c'est contagieux ?

Clément Solym - 25.08.2011

Zone 51 - Insolite - macé - scaron - plagiat


Alors comme ça, la presse s'acharne ? Mais pas du tout, voyons. Nul besoin ni envie de se 'payer' une célébrité, simplement faire son boulot et relater des faits. Rien que des faits. Et à ce titre...

Toujours très amateurs de révélations, nos confrères de l'Express viennent d'en remettre une couche, concernant les pratiques de Joseph Macé-Scaron, en matière de littérature. Après avoir dévoilé les intrigantes habitudes de Patrick Poivre d'Arvor, dans sa biographie d'Hemingway, L'Express explique que le directeur adjoint de Marianne n'en serait pas « à son coup d'essai ».

Reconnaissant que dans Ticket d'entrée, il avait pris à l'écrivain Bill Bryson, JMS avait de son propre aveu reconnu qu'il s'agissait « d'une connerie ».

Ce qui ne l'empêchait pas de se défendre bec et ongle, rappelant les fondements de la littérature, grand intertexte universel « les auteurs se nourrissent les uns des autres et l’ont toujours fait. (...) moi je ne connais rien à l’informatique et c’est pourquoi j’ai emprunté des passages des chroniques de Bill Bryson où il en était question. » (voir notre actualitté)

Et surtout, revendiquant un hommage, il réfutait fermement l'accusation de plagiat.

Mais pour l'Express, la messe est dite.

C'est que dans un précédent roman, Trébizonde avant l'oubli, que Robert Laffont avait fait paraître en 1990, on trouvait manifestement de multiples emprunts, dans le chapitre 28 à Premier journal parisien, d'Ernst Jünger. Plusieurs passages sont incriminés, révélant des plagiats possibles, probables, ou du moins des emprunts à forte valeur d'hommage...

Or, une petite voix avait remarqué, et pointé, pour prendre la défense de JMS, un autre cas de copie-hommage, dans Nouvel Obs +. Selon elle, le morceau, tiré de Ticket d'entrée, fort similaire était un hommage et absolument pas un plagiat.

« Pour ma part, pas une seconde, pas un instant, je n'ai suspecté JMS de plagiat ou de contrefaçon. Bien a contraire. Je me suis dit que l'emprunt d'une formule aisément identifiable, facilement repérable (tous ceux qui ont lu le roman de Jay McInerney se souviennent de ce passage, tant il est marquant) ne pouvait être qu'une sorte d'hommage rendu à l'écrivain américain, mais aussi au personnage de la "vraie vie" qui avait servi de modèle à l'académicien espiègle et séducteur campé par JMS. »

On espère surtout que cet exercice lui permettra d'obtenir le poste de journaliste qu'elle semble convoiter. Sinon, quel dommage d'user d'une telle rhétorique dans le vent... ou d'avoir pointé de quoi taper plus fort sur la défense de l'intéressé...