Maman, c'est quoi ce lecteur MP3 ? C'est contre le piratage d'ebooks

Clément Solym - 13.12.2010

Zone 51 - Insolite - pirater - ebooks - musique


À pirate, pirate et demi... Dans un exercice intéressant de contradiction d'un pirate scandinave de 19 ans, assumant pleinement qu'il télécharge des livres numériques, une auteure locale lui a été opposée.

Courageux Christian Bernsten, qui de son propre aveu, raconte qu'il va piocher sur des serveurs en Lituanie des ebooks pour sa consommation personnelle. « Les livres sont trop chers. L'une des raisons pour lesquelles le monde du piratage est si vaste, c'est que les éditeurs fixent des tarifs de fou pour quelque chose qui n'a même pas d'existence physique », explique-t-il dans le Dagens Naerungsliv.

Or, face à lui, une certaine Anne B. Ragde lui répond. Celle-ci, pour prévenir le piratage de ses oeuvres a refusé qu'une version audiobook soit réalisée, et en parallèle, empêché la publication de versions russe et chinoise. Évidemment, le pirate avoue rapidement que les ouvrages d'Anne ne l'intéressent pas des masses. Et elle de rugir : « Le piratage me fiche la trouille. Je ne sais pas quoi dire. J'en perds même le sommeil. J'ai compris que j'ai perdu plus d'un demi-million de couronnes avec le piratage de mes livres, peut-être plus. » (soit 56.500 €, peu ou prou)

Et pour étayer son propos, Anne a cru bon de comparer édition et musique, pour établir un parallèle qui ne manque jamais... de tomber à l'eau. « Je ne peux pas supporter l'idée que quelqu'un vole quelque chose. J'observe les musiciens norvégiens qui font des concerts en live. Nous [NdR : écrivains] n'avons rien d'autre pour vivre que des livres papier. » Très juste, notera-t-on.

Mais quand on lui demande si elle s'est déjà acheté des sacs à main contrefaits de grandes marques : « Je sens bien que les sacs authentiques Prada ont des prix gonflés. » Or, le meilleur reste à venir. Car la trahison vint de la chair de sa chair : son fils. Qui avait un iPod. Avec 1500 chansons. Copiées. Bim : la main dans le sac, si vous me passez l'expression.

Le fait qu'une auteure, vivant de ses droits et de ventes de livres, puisse cautionner, ou admettre ce genre de pratique fait tout de même tomber les bras, non ? Et surtout, elle aurait pu contraindre son fils à acheter les oeuvres téléchargées, nom de nom !

Anne B. Ragbe a tenté de se défendre par la suite, en expliquant que les explications ont été sorties de leur contexte. Et qu'elle avait bien évidemment condamné la violation de droit dont son fils s'était rendu coupable. « L'histoire de mon iPod n'est pas représentative de ma relation avec l'industrie de la musique et les oeuvres qu'ils produisent. Je paie pour ma musique. »

Et qu'elle allait tout supprimer de son iPod, en guise de bonne volonté...