Marrakech, Venise, Kingston : quelle ville incarne la science fiction ?

Clément Solym - 19.06.2009

Zone 51 - Insolite - Marrakech - science - fiction


Ce n'est pas moi qui le dis, mais Jeff VanderMeer : « Même la plus étrange création peut avoir des origines tirées du monde réel. » Et au cours du Shared Worlds, il a demandé à cinq auteurs de science-fiction, depuis Ursula Le Guin à China Miéville, quelle serait leur cité réelle la plus science-fictionesque ?

Le Guin penche pour Venise. Pas difficile d'imaginer une ville construite sur un marais, dans une lagune, et qui lentement, mais inexorablement s'enfonce. Limite un sujet idéal de fantasy.

Pour Miéville, ce serait Londres (chauvin...), qui incarne un patchwork chaotique de l'histoire, mêlant des architectures, des styles dans un désordre presque onirique. Et comme dans tout rêve, une logique sous-jacente soutient l'édifice total, sans que cette logique nous apparaisse immédiatement.

Qui aurait pensé à Reykjavik, cette ville d'Islande ? Elizabeth Hand, qui y voit une sorte de colonie hors du monde. Une utopie, en quelque sorte ? Chauvinisme encore, Nalo Hopkinson estime que sa ville natale, Kingston, en Jamaïque, semble de plus en plus futuriste chaque fois qu'il y retourne. Une sorte de croisement entre les livres de Miéville, Gibson et Blade Runner...

Et Michael Moorcock, qu'en pense-t-il ? Marrakech, immanquablement. Un lieu où toutes les romances sont réunies. Car si Jérusalem incarne une cité symbolique et un centre historique du monde, on croise dans la cité marocaine des limousines et de Mercedes, juste après un chameau et des ânes surchargés. On alterne « la splendeur hautaine » des Bédouins et la candeur des touristes...

Et le Guardian de s'interroger : quid de Dubai, Prague, Los Angeles ? Et Paris ? Ah, Paris...