Michel Lafon regrette sa 'Chloé Nolife' : crédibilité touchée

Clément Solym - 03.06.2009

Zone 51 - Insolite - Michel - Lafon - marketing


Nul n'est censé ignorer la loi. Action. Réaction. Et sur le net, il ne fait pas bon de se tromper, car les conséquences sont fâcheuses. C'est pourtant ce qu'un certain Olivier Descosse a tenté, en créant le personnage de Chloé Nolife, ado un peu collante, qui souhaitait des conseils sur la création d'un blog, puis dérive rapidement sur les confidences existentielles de son jeune âge. 

Lorsque nous avions contacté l'éditeur, l'attachée de presse s'était fendue d'un « suis pô au courant », suivi d'un « rapp'lez p'us tard, j'me renseigne ». Réaction tout à fait honorable. Inquiétante quant à la bonne tenue de l'établissement, mais soit. Imaginez un restaurant où le serveur ne peut pas vous dire si l'on sert de la viande ou du poisson au menu du jour... Passons.

Comme disait mon grand-père, qui se sent morveux se mouche et justement, l'éditeur vient de nous éternuer une belle... enfin soit. Nous citons sa réponse dans son intégralité, histoire de ne rien vous cacher. Dans le pire des cas, elle est accessible à cette adresse.

L’affaire Chloé : la réponse de l’éditeur

Chloé n’existe pas, et pourtant…

À travers la démarche réelle de la « fausse » Chloé, nous sommes au coeur des sujets abordés dans Les Enfants du néant, le dernier thriller d’Olivier Descosse.

Cette fiction romanesque met en scène le mal-être et la part d’ombre qui sommeille chez des adolescents victimes de maux bien réels liés à notre époque : anorexie, influence des images et des jeux vidéo, confusion entre le monde réel et virtuel, dangers d’Internet…

Chloé aurait pu être l’un des adolescents du livre d’Olivier Descosse au même titre que les autres protagonistes du roman que sont Lucie, Pierre, Natacha et Charlotte.

En ce sens, l’invention du personnage et la mission de Chloé sur les blogs procèdent d’une démarche purement éditoriale : cette démarche est unique et non modélisable, elle n’aurait pu être inspirée par aucun autre livre. L’intention était de plonger dans l’univers des Enfants du néant, de sensibiliser aux sujets contenus dans ce livre. En l'occurrence, Internet permet à n’importe qui de prendre une fausse identité et d’abuser son interlocuteur, danger qui est précisément dénoncé dans le thriller d’Olivier Descosse.

Car il s’agit bien de cela, un livre. Nous ne vendons pas des « produits ». Notre passion d’éditeur est aussi de faire partager au plus grand nombre le talent d’auteurs en lesquels nous croyons, en assurant la promotion de leurs oeuvres. Et même si les moyens utilisés ont pu faire débat, ils sont le fruit d’une décision collégiale. Il s’agissait de trouver des moyens originaux et innovants pour émerger au sein d’une production littéraire toujours grandissante.

Pour ceux qui aimeraient en savoir plus, nous avons décidé de rendre publique la trame scénaristique des cinq mails que Chloé a adressés aux blogueurs sur lesquels elle a jeté son dévolu…

Les Éditions Michel Lafon


Pas besoin de tirer sur l'ambulance : à la manière des pirates qui, dans les albums d'Astérix, préfèrent couler leur propre navire plutôt que d'affronter les Gaulois, l'éditeur vient clairement de nous démontrer son savoir-faire.

Pas en matière de communication en tout cas.