Oasis, un Kindle pour qui trembler, selon Gilles Legardinier

Nicolas Gary - 14.04.2016

Zone 51 - Chez Wam - Gilles Legardinier - Oasis Kindle - politique tarifaire


Avec le recul, le petit message de Jeff Bezos la semaine passée devient un brin risible. Quand le grand patron d’Amazon se fend d’un tweet pour jurer qu’un appareil haut de gamme de la famille Kindle est en approche, on retient son souffle. Quand le Kindle Oasis est enfin dévoilé, on se demande bien ce qui s’est passé. D’ores et déjà considéré comme trop cher par bien des observateurs, l’appareil est-il coulé avant même sa sortie?

 

 

 

Amazon a prévenu que son appareil combinait une volonté de faire disparaître la dimension hardware, pour que les lecteurs se perdent littéralement dans les histoires. Mais avant que le regard ne s’abîme, le montant à débourser est fameux. Outre qu’une fois de plus, le client européen se fait gentiment retourner le porte-monnaie – l’appareil coûte 290 $ aux États-Unis, contre 290 € et 270 £ –, la communication en France a peut-être mis le doigt sur quelque chose d’inavouable.

 

Pour saluer la bête, il faut reconnaître qu’Amazon a fait des efforts, tant en design qu’en ergonomie, même si cette dernière peut sembler bizarre. Niveau matériel, l’Oasis est solidement doté, mais à moins de vivre avec un lecteur ebook greffé à la main, ses avatanges restent assez marginaux. [La rédaction n’a pas encore pu mettre la main sur l’appareil, ces réflexions restent donc à approfondir]

 

Comme il se doit, Amazon a mis en avant un extrait de livre pour ses visuels de l’Oasis. Cette méthode a déjà fait rire la Toile, quand c’est un texte érotique qui servait à promouvoir le service Premium de la société. Mais pour l’Oasis, autre approche. 

 

Un lecteur ebook pour qui trembler ?

 

En quelques clics, on retrouve en effet le livre de Gilles Legardinier, publié chez Fleuve éditions en octobre 2015, Quelqu’un pour qui trembler. L’histoire est celle d’un homme qui se découvre père : il avait quitté la mère plusieurs années auparavant et apprend l’existence de cette fille, pour qui il est un total inconnu. Comment alors prendre contact, lier connaissance, quand on est si loin d’un être auquel seule la génétique nous attache?

 

Le message est clair : avec l’Oasis, Amazon a un produit pour qui trembler? À plus d’un titre.

 

 

 

Assez unanime, la presse le trouve cher, très cher et n’oublie jamais de rappeler qu’un iPad mini coûte à peine 100 $ de plus. À ce titre, le modèle Oasis 3G est vendu à 359,99 $. Un peu comme le Thomas du livre de Gilles Legardinier, qui va devoir tout apprendre de cette fille ignorée, Amazon s’aventure dans le monde des prix élevés. La dernière fois que la firme a tenté le coup, c'était avec le Fire Phone, et l’échec fut économiquement cuisant – sans compter les multiples retours négatifs. Ce smartphone n'a d'ailleurs même pas commercialisé en Europe.

 

Finalement, c’est un retour de bâton assez mérité : à pratiquer la politique du moindre coût, pour tout ce qui est vendu dans ses étals, le cybermarchand paye ses pratiques au prix fort. On n’accepte mal qu’il puisse ainsi verser dans le haut de gamme, voire on se défie de l'offre.

 

Des mauvaises langues diraient que cette machine avec une autonomie revendiquée de plusieurs mois irait bien avec un vol spatial pour milliardaire, tels que veut les vendre Bezos, justement, dans son programme Blue Origin. Mauvaises langues?