Oulipo : Zizanie dans les stations du métro parisien

- 06.05.2013

Zone 51 - Insolite - Oulipo - RATP - Poésie


Depuis Zazie jusqu'aux petits poèmes qui égaillent ses parois, le métro fait bon ménage avec la lettre. Pour un nouvel exercice poétique, le physicien Gilles Esposito-Farèse a reproduit la carte souterraine en réorganisant le nom de quelque 300 stations de la RATP (RER et tramway compris). Une anagramme pour chacune, étonnamment, l'idée n'avait jamais débouché que sur quelques essais mineurs, hormis à l'étranger.

 


 

Devant ce vide poétique et sur suggestion, le chercheur au CNRS et Oulipien déstructure les lieux historiques de la capitale vers un ailleurs littéraire. Et remet le plan à jour suivant les évolutions du tracé sur son site, à redécouvrir les nouveaux terminus 4, 8, 12.

 

Que publier, pour République ou Thé lacté en guise de Châtelet, et même la Porte Dauphine transformée en gibet pour Pendu atrophié, les chamboulements de lettres sont souvent imagés, parfois ardus à retordre. Au point de devoir consulter l'emplacement géographique comme un indice. On reconnaît là l'espièglerie de l'Oulipo (OUvroir de LIttérature Potentielle). Le poète invite au jeu de société et à l'exploration pour « exercer sa mémoire sur le nom des stations ».

 

Comme il l'indique, l'anagramme métropolitaine a déjà été tentée autour de quelques portes Paris en jeux, Michel Claver, ou des poèmes anagrammatiques des stations les plus connues par Michelle Grangaud. Méthodique en digne scientifique, l'auteur a relevé les anagrammes déjà produites par Mme Grangaud et d'autres Oulipiens, et a poussé le jeu jusqu'à décliner le jeu aux autres modes de déplacement de la régie parisienne.

 

Il confie qu'au final, a difficulté réside dans la sélection d'une seule alternative. Pour prolonger le transport – poétique – l'auteur invite à lire Les Stationnets, sonnets à la gloire des tunnels parisiens. Pour découvrir plus d'Oulipotentiels de l'auteur.