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Paris-New York, sur American Airlines : trente heures de calvaire

Clément Solym - 02.10.2012

Zone 51 - Insolite - American Airlines - transatlantique - vol


Tout a commencé par un embarquement, et un vol, sur la compagnie American Airlines, où se trouvait l'écrivain Gary Shteyngart, auteur de plusieurs romans. Un vol transatlantique, précisément, dont le romancier fait état au travers d'une tribune, parue dans le New York Times. Et une tribune particulièrement désastreuse, pour ce vol 121, Paris-New York, qui a fini en n'importe quoi kafkaïen, option Ubu Roi...

 

 

American Airline Plane Crash Lands in Kingston, Jamaica

Rastariza (CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

Il aura fallu plus de trente heures à l'appareil pour rallier les deux villes, contre deux heures prévues. C'est que le scénario a viré au cauchemar, assez rapidement : certains ont prétendu que l'équipage n'était pas parvenu à trouver son chemin pour connecter au départ de la capitale française, d'autres assurent que l'appareil était équipé de pneus et de freins défectueux.

 

Si aucune des alternatives n'était rassurante, le trajet s'est déroulé dans des conditions qui laissent rêveur...

 

Le récit frise le délire cauchemardesque, certes, tant pour ce qui est du voyage lui-même, que de l'atterrissage, où une jeune femme de la compagnie était là pour accueillir les voyageurs, sans réellement savoir dans quelle langue leur parler. Et c'est tout une visite de l'aéroport d'Heathrow qui a été inopinément organisée, entre les points de contrôle pour l'immigration, les différents cordons de sécurité... 

 

Sauf que Heathrow se situe... à Londres, et que le voyage était encore loin d'être achevé. Le lendemain matin, tôt, un bus a conduit les voyageurs vers un nouvel avion, où ils se sont installés en attendant le départ. Et après une heure, voire plus, sans rafraîchissement ni rien, le vol a été annulé. 

 

Des mauvaises langues ont assuré que ce type de méthodes émanait des syndicats, pour tenter de détruire la compagnie aérienne. Mais dans tous les cas, les employés, précise l'auteur, étaient un peu comme Alice, perdue dans le merveilleux pays d'Oz. 

 

« Toi, American Airlines, tu ne devrais plus être autorisé à survoler l'Atlantique. Tu n'as pas les compétences. Tu n'as pas l'équipement. Et tes employés sont clairement démotivés. Tout Comme le pays dont le nom s'affiche sur les coquilles vides de ta flotte volante, tu es épuisé et dépourvu d'objectif. Il faut t'arrêter », frappe Gary.

 

Mais le drame, c'est que des erreurs de ce type se sont multipliées ces derniers jours, au point que la maison mère se retrouve avec 162,4 millions $ d'amendes pour défauts de maintenance, pointe Les Échos

 

Une série d'incidents qui porte préjudice à la société, mais également à la confiance que les usagers peuvent porter... Et encore, tous n'ont pas accès à une tribune dans le New York Times...