Pas touche à Poutine : 100.000 livres confisqués par la police

Clément Solym - 18.06.2010

Zone 51 - Insolite - poutine - critiques - livre


100.000. C'est bien, 100.000, c'est un chiffre rond. Mais tout dépend de l'unité que l'on place derrière. Roupies, par exemple, ça craint. Livres, si elles sont sterling, c'est mieux. Mais en l'occurrence, si ce sont bien des livres, ils sont plutôt russes et critiques, puisque ciblant tout particulièrement Vladimir Poutin...

L'ouvrage en question, évoquant les résultats sur le pays de dix années de poutinisme, a été écrit par deux membres de l'opposition, Boris Nemtsov et Vladimir Milov et se destinait aux participants du Forum économique mondial qui se tient à Saint-Pétersbourg.

Les militants avaient ainsi prévu d'en diffuser la totalité durant l'événement, mais c'était sans compter l'intervention des forces de l'ordre... qui a saisi l'ensemble du stock. Enfin, de celui qui allait être donné. Parce que le livre a été tiré à 1 million d'exemplaires.

Une confiscation qui bien sûr fait hurler, d'autant plus que les conditions de cette confiscation ne sont pas très claires.

Sauf que le bilan dressé par les deux politiques du règne de Poutine est loin d'être brillant : dépendance accrue en matière d'importation de matière première, dégradation du réseau routier dans le pays, augmentation du nombre d'actes terroristes, et ainsi de suite...

Si plusieurs partis politiques existent encore en Russie, Vladimir Poutine reste considéré comme l'une des figures les plus fortes de ces dernières années. Son passé dans les rangs du parti communiste et ses connexions avec le KGB en feraient même un homme particulièrement redouté.

Et bien que les goulags aient été fermés depuis belle lurette, les auteurs de l'ouvrage en question ne sont pas exempts d'un petit détournement des lois sur la diffamation et la criminalité. Plusieurs journalistes ont en effet déjà fait les frais de leurs tentatives de parler ou d'évoquer des sujets trop sensibles au goût du pouvoir.

Selon l'IFEX, l'International Freedom of Expression, depuis 1993, près de 313 journalistes russes sont tout bonnement morts... des conséquences de leurs travaux.