Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Pour lire cette édition de Farenheit 451, il faudra en brûler les pages

Clément Solym - 16.10.2017

Zone 51 - Insolite - roman Farenheit 451 - brûler pages Farenheit - Bradbury autodafé livres


À la recherche d’une adéquation idéale entre le fond et la forme, un collectif d’artistes propose une étonnante édition de Fahrenheit 451. Le classique de Ray Bradbury, paru en 1953, raconte cet univers où les livres sont brûlés pour empêcher les gens de lire. Et de se soustraire à une oppression sociale qui les abrutit. Un livre sur l’autodafé généralisé ? Les artistes ont décidé de l’illustrer.


Book burning
Patrick Correia, CC BY 2.0
 

 

La Jan van Eyck Academy est un institut protéiforme autour des beaux-arts, du design et de la réflexion, basé en Hollande. C’est depuis Instagram que le lieu a mis en avant le travail réalisé par Super Terrain : un ouvrage que l’on doit » brûler » pour que son texte apparaisse. 

 

Le collectif réunit des designers et artistes de Nantes : ce collectif monté en 2014 réunit Quentin Bodin, Luc de Gouquet et Lucas Meyer, comme fondateurs. On peut retrouver leurs œuvres et expérimentations sur leur site web. C’est au sein de l’Academy qu’ils ont présenté leur réalisation.

 

On comprend aisément le lien entre l’histoire contée par Bradbury et la forme que le livre des designers a pu prendre. Il ne s’agit pas à proprement parler de réduire en cendres, mais de chauffer le papier pour faire apparaître le texte.

Juste assez pour rappeler le roman de Bradbury, où la pensée critique est interdite, de même que les opinions personnelles, qui vont à l’encontre du bien-être global de la société. 

 

Mais cette inversion des valeurs, où les pompiers du roman sont chargés de détruire les livres, prend ici une autre dimension. Imprimé sur un matériel thermosensible, le texte a fait des émules, mais n’est pas encore, pour le moment, proposé à la vente. 

 

Le livre avait été adapté par François Truffaut en 1966 au cinéma.