Pour sa défense, Rod Blagojevich cite le poème If, de Kipling

Clément Solym - 08.12.2011

Zone 51 - Insolite - siège - senat - Obama


Rod Blagojevich, ancien gouverneur démocrate de l'Illinois vient d'écoper d'une peine de 14 années de prison. Le politicien avait eu le mauvais goût de tenter de vendre le siège sénatorial que le président Barack Obama avait laissé vacant.

Mais la justice américaine n'apprécie pas vraiment ce type de comportement. Moyennant quoi la sanction vient de tomber, et cette histoire de pot-de-vin coûtera donc à l'intéressé ses prochaines vertes années.

 


C'est pourtant au terme d'un plaidoyer particulièrement émouvant que l'homme, rejoint par une épouse en larme aura tenté le tout pour le tout. Citer un poème de Rudyard Kipling pour ultime défense. Fort, très fort, il faut le reconnaître.

Bon, insuffisant, mais très fort.

« Rudyard Kipling, dans son poème » If", parmi les choses qu'il a écrites, disait « Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite/ Et recevoir ces deux menteurs d'un même front'. », a ainsi conclu le condamné

Eh bien le voilà confronté à Triomphe et Désastre, cet ancien gouverneur, et il pourra tenter d'apprendre la totalité du poème durant les 14 années qu'il passera à l'ombre.

 

D'ailleurs, cher lecteur, ce poème, le voici, amuse-toi bien

 

Si...

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être que penseur ;
Si tu sais être dur, sans jamais être en rage,
Si tu sais être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral et pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme mon fils !