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Publicité abusive : Alexandre Jardin trop choyé par son éditeur

Nicolas Gary - 06.11.2013

Zone 51 - Insolite - chroniqueur littéraire - Eric Chevillard - Alexandre Jardin


C'est traditionnel, pour une maison d'édition, que de s'appuyer sur les petites phrases sympathiques des journalistes au sujet de leurs ouvrages. Mais comme toute forme de promotion, elle cherche avant tout à s'approprier un message qui valorisera auprès du lecteur, le titre en question. Parfois au détriment du message original.

 

 

 

 

Éric Chevillard, critique au Monde des livres, en fait les frais une nouvelle fois, explique-t-il sur L'autofictif. Le 26 octobre 2012, il fait paraître une recension du dernier ouvrage d'Alexandre Jardin, Joyeux Noël, et pour l'occasion de l'édition poche, Le Livre de Poche, qui a fait paraître le titre ce 30 octobre, reprend l'une des phrases de la critique rédigée par Éric Chevillard.

 

Sauf que ce dernier fulmine :

Les éditions Grasset avaient déjà usé de ce procédé de bandits lors d'une campagne de promotion du même roman par voie de presse, c'est aujourd'hui Le Livre de poche qui extrait une phrase de ma chronique pour en faire une accroche au dos de l'édition de poche :« Audacieux roman d'émancipation, ode à la sincérité la plus débridée ». 

 

Et de republier l'intégralité de la chronique, qui, en effet, n'est pas si valorisante que la petite citation le laisse entendre. Pour le journaliste, c'est un scandale qui se profile :  

Comme il s'agit ni plus ni moins d'une publicité mensongère ainsi qu'une forme de calomnie particulièrement sournoise, il m'importe de rendre la citation à son contexte :

 

Publicité mensongère ? En réalité, la citation est effectivement tirée de son contexte, mais elle est tellement courte, qu'il n'y a pas de quoi fouetter un juriste. D'autant que sur le site internet de Livre de Poche, le nom de son auteur et le média qui l'a fait paraître sont clairement stipulés. Or, l'article 122-5 du Code de la popriété intellectuelle réclame que les courtes citations s'accompagnent d'une mention claire du nom de l'auteur et de la source.

 

 

La Netiquette aurait probablement appréciée que l'on mette un lien, dans la mesure du possible, vers la chronique, mais cette dernière n'est pas accessible en ligne, autrement que par la publication que vient de faire Eric Chevillard. « Peut-être que l'on ne s'est pas rendu compte du ton de la critique chez l'éditeur », souligne-t-on sournoisement. Ce ne serait cependant pas la première fois que l'on s'essuie les pieds sur les règles de bonne conduite du net... Pierre Assouline ne manque en tout cas pas d'évoquer le billet d'Eric Chevillard. 

 

 

L'ironie, un genre méconnu dans les revue de presse ? Intituler la critique «Une orgie de candeur» aurait au moins pu mettre la puce à l'oreille.