Quatre ans à recopier l'intégralité de la Bible du roi James à la main

Clément Solym - 07.05.2013

Zone 51 - Insolite - transcription - Bible - King James


Il avait un peu de temps à perdre, alors Philip Patterson, habitant à Philmont, dans l'État de New York, s'est lancé à l'âge de 59 ans dans la copie manuelle de la Bible du roi Jacques. L'homme n'est pas particulièrement dévot, et d'ailleurs, il ne se rend pas à l'église. Simplement, il s'est lancé, quatre années durant, dans cette entreprise, par curiosité. Pour savoir...

 

 

 

 

C'est qu'en 2007, Patterson entend parler de la tradition musulmane de copie du Coran à la main. La Bible est pour sa part bien trop longue pour faire de même, se dit Patterson, qui n'a jamais connu une tradition similaire dans le christianisme. Avec peu ou prou 788.000 mots, la King James Bible est un sacré morceau. 

 

L'édition de 1611 sur laquelle il s'est appuyé aura donc été recopiée entre août 2007 et ce début d'année 2009. « Je n'avais pas imaginé que cela finirait par être si beau. Ni que ce serait si exaltant. Et si long », explique le scribe. 

 

Le travail de copie, il l'a entamé avec le Pentateuque, et à partir de ce premier ensemble de livres, il a fini par affiner les techniques d'écriture et le choix des papiers sur lesquels écrire. À raison de 14 heures par jour sur le projet, son endurance a fini par s'émousser, mais n'arrêtait qu'au moment où ses yeux se fermaient. 

 

« J'allais au lit, je fermais les yeux, et me sentais incroyablement serein », assure-t-il. Durant ces temps de retranscription, il a particulièrement pu apprécier le livre de Ruth - et fini par détester les pestes et autres fléaux. Jésus ? Il lui aura trouvé un air condescendant et désinvolte avec ses disciples - en revanche, total respect pour le message de paix et d'amour...

 

« Chaque jour où j'ai écrit, j'ai découvert quelque chose de nouveau, et mon esprit s'est ouvert de plus en plus. Je n'en deviendrai pas une personne plus religieuse, mais une personne plus complète », raconte Patterson. Contredisant par là même le pari de Pascal qui proposait de lire et faire semblant de croire, pour finalement se laisser gagner par la foi. 

 

Au fil du temps, Patterson a également pris des centaines de photos, plus de 4000 finalement, pour ajouter une autre forme d'introspection, et en même temps, garder des souvenirs plus longuement. Les clichés ont été pris par Laura Glazer, qui a observé le scribe : « Ce n'est ni un martyr ni un saint. C'est ce qui est si aimable. Ce qu'il a fait est juste. Il ne cherche pas à prouver quoi que ce soit, à qui que ce soit. Il a fait quelque chose de beau. »