Quels risques sanitaires à lire aux toilettes, ou 'Passe-moi le papier !'

Clément Solym - 24.10.2011

Zone 51 - Insolite


Nous pensions naïvement que la réponse était « 42 », et chacun s'était mis en quête de la question qui pouvait bien apporter cette réponse, sensée expliquer l'univers le monde et le reste. Et surtout les dauphins... Mais il existait peut-être un propédeutique à cette vérité absolue, nécessitant une pause... pipi.


Et c'est en redécouvrant les travaux d'un chercheur passionné par la vie que l'on découvre siégeant simultanément sur Jacob et Delafon que l'autre vérité se fit jour. Doit-on en effet redouter de lire dans les toilettes, était une question implacable. Mieux : incontournable.

 

Manifestement, le danger que représenterait la lecture en lieux d'aisance a traversé les siècles, puisque l'auteur, anonyme, le lâche, de Vie de Saint-Grégoire, se curait déjà le nez en soulignant combien les toilettes, depuis les hauteurs d'une tourelle de château fort, avait quelque chose de la solitude parfaite pour lire. Sans faire tomber son codex dans la fosse funeste, attention...

 

Le grand Henri Miller lui-même avait pris pour habitude de lire sur son trône, et assurait d'ailleurs que certains ouvrages, comme l'Ulysse de Joyce, ne pouvaient autrement être savourés. Quoi ? Le bruit et l'odeur ?

 

Mais notre époque plus complexe et souvent perturbée de ce que son hygiène pourrait être entachée de quelque immersion microbienne, s'interroge plus médicalement. Après tout, ces toilettes, peuvent-elles contaminer les pages de papier, glacé ou électronique ? Les bactéries et autres méchancetés du genre n'auraient-elles pas tôt fait de quitter leur selle pour d'autres horizons ?

 

Val Curtis, directeur de l'Hygiene Centre at the London School of Hygiene and Tropical Medicine, lui-même lecteur impénitent dans les lieux d'aisance explique que le risque théorique existe bel et bien.

 

Depuis les excréments - joyeux réveil pour ceux qui sont en plein petit déjeuner - aux mains et des mains aux livres, il n'y a qu'un pas. « La chose importante est de se laver les mains avec du savon », assure l'expert, pour se débarasser de tout ce qui pourrait polluer nos lectures.

 

La méthode a fait ses preuves depuis de nombreuses années. Mais ce contre quoi le directeur ne peut rien, pas même avec un savon de Marseille, c'est qu'en lisant Les mots, de Sartre, on aura les Mains sales...

 

Enfin n'oublions pas que le mois de juin a été dernièrement consacré comme celui de la Lecture aux toilettes.