Rabindranath Tagore, Tantôt dièse, tantôt bémol : “Je ne veux pas mourir"

La rédaction - 13.06.2016

Zone 51 - Chez Wam - Rabindranath Tagore poème - Tantôt dièse tantôt bémol - poésie mourir auteur


À l’occasion du Marché de la Poésie qui se s’achèvera ce 12 juin, dans le Quartier Latin, ActuaLitté se met à la poésie. Les éditions La Différence proposent partagent chaque jour deux poèmes de leur catalogue. Pour cette ultime étape, nous publions le texte de Rabindranath Tagore, tiré de son recueil Tantôt dièse, tantôt bémol. L’ouvrage a été traduit du bengali par Prithwindra Mukherjee ; il est présenté par Salah Stétié. On peut retrouver le livre en édition bilingue, dans la collection Orphée.

 

 

 

Rabindranath Thakur dit Tagore (1861-1941). Né à Calcutta dans une famille de lettrés opposés au système des castes, Tagore devient célèbre à seize ans en rédigeant une œuvre qu’il fait passer pour celle d’un poète indien du XVIIe siècle. Il écrit aussi la première nouvelle en langue bengalie. Après des études de droit en Angleterre, il revient au Bengale en 1880.

 

Infatigable voyageur, engagé en faveur de l’indépendance de l’Inde et d’un changement de la condition des femmes, il reçoit en 1913 le prix Nobel de Littérature qui assoit durablement son œuvre parmi les plus importantes de la littérature mondiale. Ayant touché à tous les genres (poésie, romans, théâtre, musique et même peinture) c’est néanmoins sa poésie qui fit l’admiration de André Gide, Maurice Maeterlinck, Pierre Jean Jouve, Henri Bergson, Thomas Mann, Bernard Shaw et de beaucoup d’autres.

 

 

JE NE VEUX PAS MOURIR

Je refuse de mourir dans ce monde si beau,

Je désire vivre parmi les hommes,

Sous ces rayons du soleil au milieu de ces parterres

Si je trouvais un coin dans un cœur vivant.

Le jeu de la vie s’écoule le long de la terre,

Éloignements et rapprochements accompagnent les rires et les pleurs,

Si je peux créer une demeure immortelle

En composant une chanson avec la joie et la peine humaines.

Sinon, que je puisse me réfugier

Au milieu de vous tous pour le reste de ma vie :

Puis-je aider à s’épanouir un bouquet de chansons toujours nouvelles

Pour que tu puisses les cueillir à l’aube et à la tombée de la nuit.

Ayant accepté ces fleurs avec un sourire

Les jeter lorsqu’elles auront fané.