Royale ironie : Le Roi des éditeurs aux DRM, dans son propre ebookstore

Clément Solym - 30.11.2011

Zone 51 - Insolite - Roi des Editeurs - centenaires - ebook


Ah le Roi des Éditeurs... ce personnage aura tant amusé sur Twitter, avec ses messages condescendants, chargés de cynisme et d'auto-dérision. « Le Roi des Editeurs a peur que son trône disparaisse, si on numérise la montagne de bouquins en papier sur laquelle il est assis. » C'est ainsi que tout avait commencé...

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Laurent Margantin, qui était derrière le compte, a fini par publier un recueil de ces aphorismes truculents - contre le numérique, contre les éditeurs, contre les auteurs, contre tous, sauf le Roi - mais décide que cette époque est résolue. Le Roi était né pour commémorer l'anniversaire de la maison Gallimard, et s'éteint donc avec cette année 2011, un peu avant la fin des réjouissances.

Le Roi est mort, donc, et ne vivra pas de Roi pour lui succéder.

Mais l'ironie est ailleurs.

Le fameux livre numérique, dont vous pouvez retrouver la Préface rédigée par les soins de votre serviteur, était commercialisé en deux versions. : « Avec la parution en version numérique du Roi des Éditeurs, Numeriklivres a décidé de rentrer dans le moule en proposant un vrai ePub enrichi de DRM vendu 3 fois plus cher qu'un livre de poche », signait avec humour Numeriklivres, l'éditeur.

Or, ce n'est pas sans malice que l'on retrouvera sur le site de la librairie Gallimard.

 

Une version qui n'était que pure moquerie, et proposée simplement pour s'amuser.

 

Mais voilà, la chose est sérieusement commercialisée...

 

« Ayant arrêté définitivement de me servir de Twitter (j'ai clos mon compte personnel), je laisse toutefois le compte du Roi accessible, avec ses 3000 tweets. Je n'ai pas eu le temps (ou la patience, vu la lenteur de l'opération) de dérouler tout le fil de ses saillies (dont j'ai improvisé la majorité en ligne sans les conserver en traitement de texte) pour les archiver toutes, le texte complet est donc là, à chacun d'y retourner s'il le souhaite », conclut simplement Margantin...

Belle fin, pour un monarque. Il aura conservé sa tête...