Saccage écologique dans les romans d'Agatha Christie

Nicolas Gary - 27.10.2014

Zone 51 - Insolite - Agatha Christie - panneaux solaires - île résidents


C'est une île lointaine, de celles qui échauffent l'univers mental des écrivains, et leur émoustillent l'imaginaire. C'est ainsi que Burg Island, située dans le sud du Devon (sud-ouest du Royaume-Uni) a servi de cadre à plusieurs romans d'Agatha Christie – comme Les dix petits nègres, Meurtre au soleil, et d'autres. Mais les propriétaires de l'endroit sont désormais contraints de respecter une législation qui mutilera utilement le paysage...

 

 

Solar panels in the mist

(Oregon Department of Transportation, CC BY 2.0) 

 

 

La loi britannique contraint les détenteurs de cette île à appliquer la réglementation, concernant l'installation de panneaux solaires. Ils occuperont la place d'un ancien court de tennis, cerclés de toutes parts d'une haie qui empêchera toute nuisance visuelle. Du grand art. Sauf que les résidents situés non loin soutiennent qu'en regardant la mer, ils n'auront finalement que le soleil qui se réfléchit sur les panneaux en guise de panorama. 

 

Le problème se résume à peu de choses, explique le Telegraph : les coûts en électricité ont bondi ces dernières années, et les actuels propriétaires de l'île se lamentent de ce que sans les panneaux solaires, la facture sera de plus en plus sévère. Avec le petit champ de cellules photovoltaïques, ce sont 10 % des besoins électriques qui seront couverts. Et depuis l'hôtel où résidèrent des Christie, Beatles ou encore Noël Coward, tout cela sera invisible. 

 

Tony Porter, qui n'a pas connu personnellement la romancière, mais possédait l'île avant de la revendre, s'insurge : selon lui, ces panneaux vont tout gâcher. Après « seize années à faire tout notre possible pour restaurer la beauté des lieux », la perspective d'une énergie verte ne l'enchante pas vraiment. Et foin de passéisme, il s'agit de tourisme, donc d'argent ! Le vert gris foncé antireflet des panneaux ne convainc donc que ceux qui payent la douloureuse actuellement, surtout que leur établissement, bâti en 1929, se montre plutôt gourmand... en pétrole et gaz, pour rester dans l'ambiance Art déco. 

 

Cet espace, devenu la résidence favorite de la reine du crime devrait donc voir éclore 200 panneaux solaires, malgré toute la protestation – d'ailleurs, au niveau local, cette dernière est encore assez timide. Les insulaires doivent s'exprimer le 12 novembre prochain sur le projet. En faisant fi des polars de Christie...