Saviano : “Lire exige plus de réflexion qu'un reportage ou un documentaire”

Nicolas Gary - 21.05.2017

Zone 51 - Insolite - Roberto Saviano dédicace - Salon du livre de Turin - Feltrinelli éditeur Saviano


#salto30 – Dans l’espace de la librairie Feltrinelli, il fallait faire partie des heureux qui, après une longue attente, ont pu profiter de la présence de Roberto Saviano. L’homme s’est présenté sur le stand de son éditeur (qui possède une chaîne de librairies à son nom), pour dédicacer son dernier livre, La paranza dei bambini

 

ActuaLitté, CC BY SA 20


 

Situé au centre du Pavillon 2 de Turin, le stand de la Feltrinelli est devenu un point de convergence absolu, en quelques instants. Tous les clients venus pour l’espace librairie se sont retrouvés pris dans la folie Saviano — et ceux qui tentaient de rentrer ont trouvé porte close. Une queue impressionnante — et pourtant, force est de constater que les Italiens font preuve d’une grande patience, à constater les autres files d’attente qui se créent pour les différentes conférences — s’est rapidement constituée.
 

Si l’arrivée s’est déroulée sans que la foule ne se rende trop compte de ce qui se passait, le retour, lui, n’a pas manqué d’un déploiement de forces.

 


 

Saviano n’était pas venu pour commenter une nouvelle fois la politique du pays ni dénoncer les atrocités du régime mafieux. Simplement pour réaliser des dédicaces. « Je reviens ici tous les ans, avec un grand plaisir. Ce salon est une véritable fête », assure Roberto Saviano.

C’est avant tout l’engouement de ses compatriotes pour les livres et la lecture qui le stimule : « Ils sont nombreux à prendre le temps de lire des livres comme le mien, ou d’autres, sur la mafia par exemple. Cela demande plus de temps, et de réflexion qu’un reportage, un film ou une fiction. C'est une valeur ajoutée ». Sauf qu’au terme d’une petite heure de signatures, l’écrivain donne des signes de faiblesse…
 


 

Sur le stand, sont également passés un procureur, Giancarlo Caselli, ainsi qu’un groupe de femmes, baptisé Spose della 'ndrangheta (Les épouses de la 'ndrangheta, organisation mafieuse de Calabre). Ces dernières avaient déjà fait forte impression la veille en défilant dans les allées du Lingotto – vêtues littéralement en robes de mariées. Des vêtements qui prennent un sens tout particulier, quand on sait qu'ils furent saisis dans deux ateliers de Reggio (en Calabre), lequel était en relation directe avec la mafia. 
 

Violente polémique entre Saviano et le maire de Naples sur la mafia

 

La saisie de ces robes découle d’une campagne fulgurante menée contre l’organisation criminelle, en 2013, qui avait conduit à ce que plusieurs dizaines d’objets précieux soient récupérés par les forces de police, dans une boutique de haute couture. On peut retrouver ici l'une des leurs interventions durant le salon du livre de Turin.


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ActuaLitté, CC BY SA 2.0