Souriez, vous êtes filmé : une caméra gênante dans les toilettes de la bibliothèque

Clément Solym - 16.01.2017

Zone 51 - Insolite - toilettes caméras bibliothèques - étudiante caméra toilettes - bibliothèque vie privée


Si le petit coin n’incarne pas un espace d’intimité temporaire, on finirait par en perdre son latin. Une étudiante de l’université de l’Iowa a ainsi exprimé quelques réticences en découvrant qu’une caméra était installée dans les toilettes de la bibliothèque publique. Un système de sécurité en vigueur depuis... 2004.

 

Nödvändig instruktion?

Magnus D, CC BY 2.0

 

 

Susan Craig, directrice de l’Iowa City Public Library, est embarassée : le système de caméras de son établissement existe depuis l’ouverture de la bibliothèque. Et ces petits yeux numériques sont là pour garantir plus de sécurité, comme elles l’ont fait à plusieurs reprises. Que ce soit dans le cas d’enquête policière, pour des agressions, ou encore des vols, les caméras ont rempli leurs rôles. Notamment celui de protéger les biens de la bibliothèque.

 

Sauf que... pour cette étudiante, il est difficilement acceptable d’être filmée quand on va se laver les mains. Elle a ainsi contacté l’American Civil Liberties Union de l’État, pour demander de l’aide. Sa procédure est simple : faire en sorte que l’on retire ces appareils des commodités.

 

La chasse à la vie privée ?

 

Veronica Fowler, porte-parole de l’organisation, insiste : « La moindre des choses serait de modifier la signalétique, de sorte que les gens sachent qu’ils sont filmés. » Il est évident, poursuit-elle, que les images peuvent être utilisées, et les utilisateurs par conséquent mieux informés, pour adopter un comportement approprié.

 

Sauf que, rétorque la directrice, ces caméras rentrent dans le cadre légal, notamment de lutte contre les activités criminelles. Elle admet toutefois qu’elles peuvent représenter une violation de la vie privée. Et pour ce qui est de la signalétique, elle existe bel et bien, mais la plupart des gens n’y prêtent pas attention.

 

Enfin, les images ne seraient pas conservées, et les bandes uniquement consultées en cas d’incident dans les toilettes. D’ailleurs, les images sont supprimées dans les 7 à 10 jours suivant l’enregistrement.

 

Voilà qui n’a pas empêché l’ACLU d’envoyer un courrier, au nom de Kellsie Pepponi, l’étudiante en question, qui s’était servie des toilettes en septembre dernier. Et avait remarqué la présence de la caméra au plafond.

 

Les bibliothèques "restent un espace de liberté pour s’informer"

 

En outre, l’ACLU avait pu obtenir des enregistrements des toilettes pour hommes et femmes, suite à une demande de communication de documents publics. Les images montraient clairement des gens en train de s’habiller – donc de se déshabiller... – et de se pomponner. Pas dramatique, certes, mais pas non plus très rassurant...

 

Chercher refuge dans les toilettes, pour avoir quelques instants d’intimité, voilà qui semble bien compliqué...

 

 

 

via ACLU, Press Citizen, Our Quad Cities