The Cincy Book Bus : plan retraite littéraire et solidaire

Gariépy Raphaël - 20.07.2020

Zone 51 - Insolite - Librairie Livre - Bus projet nomade - Etats-Unis


En 1981, le gouvernement français dispose pour la première fois d’un ministère du temps libre, chargé de réfléchir aux loisirs comme « lien social et créateur de liberté ». Peut-être trop en avance sur son temps, l’initiative prendra fin seulement trois ans après sa création. Sans politique publique d’envergure, il ne nous reste depuis plus qu’à nous inspirer de nos contemporains pour occuper intelligemment nos heures oisives. 
 


Après avoir enseigné plus de 25 ans, Mélanie Moore se retrouve à la retraite en 2017. Originaire de Cincinnati, petite ville du sud-ouest de l’État de l’Ohio, la jeune retraitée décide de poursuivre son rêve de toujours et d’ouvrir une librairie. Après avoir entamé les procédures pour obtenir des locaux, elle est vite rebutée par les frais que représente la tenue d’une boutique. Comme souvent chez les lettrés, c’est d’un livre que viendra la solution. 

Parnassus on Wheels de Christopher Morley qui raconte les pérégrinations d’une carriole librairie itinérante lui donne l’idée d’utiliser le Volkswagen Transporter 1962 de son mari pour transporter ses ouvrages. Une librairie à moindres frais qui permet d’aller directement à la rencontre des lecteurs : The book bus est née. 

 

Un vrai modèle économique


Pour débuter, Mélanie Moore décide d’utiliser sa bibliothèque personnelle, et comme elle n’a pas à acheter le véhicule, elle parvient à réduire considérablement ses coûts de démarrage. Cependant, pour continuer sur cette lancée, il a fallu penser là un véritable système de vente adapté à ses locaux un peu particuliers. 

Elle sillonne ainsi les cafés locaux et les festivals, les puces et les marchés tout en faisant connaitre ses offres via son compte Instagram. Rapidement, elle se rend compte que son public est constitué de femme de 25 et plus et décide d’adapter ses produits en conséquence. Elle vend ainsi principalement de la fiction pour adulte, des livres scolaires pour enfants, quelques mémoires et essais.
Pour se démarquer de ses immobiles concurrents, elle décide de se spécialiser dans les éditions rares de classiques de la littérature, que l’on retrouve difficilement dans l’État. Mélanie Moore importe ainsi parfois directement des ouvrages du Royaume-Uni : « Pour autant que je sache, je suis la seule librairie américaine à proposer Persephone Books of London. » 

 

 

Ça roule aussi sur internet 


Des États-Unis frappés de plein fouet par le coronavirus ne sont pas le terrain idéal pour une librairie ambulante. Se retrouvant dans l’impossibilité de parcourir le pays, l’ancienne enseignante s’en sort en vendant des livres en ligne via Bookshop et en hébergeant un club de lecture sur Zoom depuis janvier. Ce club qui ne devait avoir qu’une existence provisoire est prolongé jusqu’en septembre. Moore qui qualifie l' initiative « d'extrêmement réussie » s’efforce de proposer, encore une fois, des livres peu lus aux USA : elle est parvenue à créer une véritable communauté. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Consciente de l’aspect pittoresque de son moyen de locomotion, elle a également commencé à louer le bus pour des séances photo et des fêtes d’anniversaire. Lors de ces évènements, elle peut continuer à vendre des livres tout en respectant les mesures sanitaires. Ces interactions sont cependant rares et 95 % de ses ventes se font en ligne ces derniers mois.

 

Un bus solidaire 


La page du site du Cincy Book Bus donne le ton : « Tous les bénéfices sont utilisés pour acheter des livres pour enfants pour aider à construire des bibliothèques de classe. » Moore utilise ainsi sa librairie pour aider les plus jeunes à avoir accès aux ouvrages. « J’ai la passion de mettre les livres entre les mains des enfants qui en ont le plus besoin. Je prends tous mes bénéfices et j’achète de nouveaux livres pour enfants pour les écoles et les organisations pour aider à construire leurs bibliothèques. » 

Avant la pandémie, la retraitée avait travaillé avec les enseignants pour remplumer les bibliothèques de classe dans les écoles. Aujourd’hui, elle aide notamment les centres de loisirs locaux qui ont dû se débarrasser de leurs livres à cause de la crise sanitaire. 

Si jamais vous avez le goût des livres et un vieux camion qui traine dans un garage, n'hésitez pas.


Crédit photo : caputre d'écran - Instagram - cincybookbus


Commentaires
Bon, eh bien dans le genre "je vends [m]es livres dans des endroits improbables", il y a ce que raconte Virginie Symaniec dans "Barnum" : http://signesetbalises.fr/produit/barnum-chroniques-virginie-symaniec/
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