"The Watsons" : Jane Austen épinglait littéralement les corrections

Louis Mallié - 18.08.2014

Zone 51 - Insolite - Jane Austen - The Watsons - Épingle


On connaît la complexité que peuvent parfois atteindre les manuscrits des écrivains : on pense notamment aux épreuves de Balzac, ou encore aux pages en accordéon de la Recherche du temps perdu. Jane Austen fournit un exemple intéressant outre-Manche, tout du moins pour son roman inachevé The Watsons, où les corrections furent littéralement épinglées...

 

 

 

Les manuscrits de Jane Austen réservent toujours des surprises. Commencée en 1804 à Bath, la rédaction du roman avait été abandonnée en 1805. Éditée pour la première fois en 1871, l'œuvre raconte le retour de la jeune Emma Watson dans sa famille, après son enlèvement par une riche tante. Une histoire qui semble avoir rapidement emporté l'écrivain.

 

« L'ensemble des pages suggère que Jane Austen n'avait pas anticipé un prolongement des corrections. N'ayant pas prévu d'espace pour les grosses révisions ou les rajouts elle a dû trouver d'autres façons d'y procéder », explique le site Janeausten.ac.uk — une plateforme ayant numérisé les manuscrits de l'auteure.

 

La jeune artiste avait effectivement trouvé une manière extrêmement personnelle de procéder aux corrections : à savoir des épingles utilisées pour accrocher des petites pièces de papiers servant à recouvrir ou prolonger certains passages. 

 

D'après Christopher Fletcher, conservateur de la Special Collections de la Bodleian Library ayant acquis le manuscrit en 2011, la technique n'est pas neuve. Si elle était jusque-là inédite chez les auteurs, elle était en revanche déjà utilisée par les archivistes et conservateurs des bibliothèques depuis plusieurs siècles déjà — les premières traces d'une telle méthode remontant à 1617.