Un livre invente le délit de sale gueule appliqué aux lecteurs

Clément Solym - 03.02.2015

Zone 51 - Insolite - livre couverture - verrou lecture - visage ouverture


La reconnaissance faciale est au cœur d'une application développée par Thijs Biersteker, membre de l'agence néerlandaise de design, Moore. Un prototype a été développé, pour inverser la grande sentence : « Ne pas juger un livre sur sa couverture. » Cette fois, c'est en effet le lecteur qui est jugé : si le visage arbore un sourire béat ou une expression de contrariété, il sera impossible d'ouvrir le bouquin en question.

 

 

 

La couverture du livre de Thijs est particulièrement vicieuse : pour accepter de se donner au lecteur, ce dernier devra montrer patte blanche. Ou plutôt, afficher une face détendue et neutre. « Mon but était de créer une couverture de livre qui est humaine et accessible technologiquement... Si votre expression est neutre (sans jugement), le système envoie une impulsion audio, et le livre se débloquera. »

 

Autrement dit, ce brave monsieur invente le DRM qui fonctionne au faciès : pour accéder à l'histoire, le lecteur devra rassurer le livre sur le fait qu'il n'a pas d'appréhension. « Je suis souvent tracassé par mon scepticisme et les préjugés se mettent en travers de mon étonnement. Le jugement ne devrait jamais entraver l'enthousiasme immédiat, qui se manifeste quand on découvre les choses pour la première fois », poursuit l'inventeur. 

 

A retrouver sur The Cover That Judges You

 

 

 

 

Tout repose donc sur une caméra qui va vérifier les bons sentiments – ou leur absence – sur le visage du lecteur, et qui débloquera alors le verrou installé sur l'ouvrage. Le système de reconnaissance faciale s'appuie sur plusieurs modèles chargés dans l'appareil, qui capte différentes variations dans les expressions.