Une variante de la Prisonnière espagnole, avec Salman Rushdie

Nicolas Gary - 15.01.2013

Zone 51 - Insolite - Salman Rushdie - prisonnière espagnole - arnaque


L'information était discrètement passée inaperçue, fin décembre dernier, mais The Indu en fait bel et bien état : le directeur marketing d'une société accusait en effet le romancier d'être impliqué dans une affaire de fraude, reposant sur un abus de confiance. Les premiers résultats de l'enquête menée par l'Economic Offences Wing ne sont peut-être pâs si radicaux...

 

 

 

 

Le plaignant affirme en effet qu'en 2005, il rencontra un certain Rajinder Yadav, qui le mit en relation avec deux avocats, de la Haute Cour de Delhi. Ces derniers assurent être en relation avec de prestigieux clients, y compris Salman Rushdie. Celui-ci disposerait de plusieurs biens immobiliers et voici que Naresh Chopra se laisse embarquer dans une étrange vente.

 

Copie d'une procuration signée par Salman Rushdie en personne, les avocats lui garantissent qu'ils ont les pouvoirs de traiter directement, et au nom de l'écrivain, pour l'achat d'une propriété de 500 mètres carrés. Et dans ces lieux aurait vécu le romancier britannique, ainsi que son défunt père, Anis Ahmed Rushdie. La vente est conclue, mais rapidement le plaignant s'aperçoit qu'il a été dupé. 

 

Il tente de récupérer son argent, mais l'affaire tourne au vinaigre : seul recours, la justice du pays. Pour le moment, les informations s'arrêtent là, mais l'homme considère clairement que Salman Rushdie pourrait être de mèche avec les deux prétendus avocats. 

 

Le plaignant affirme pour sa part avoir réalisé des versements, à la hauteur de 50 millions de roupies, soit 690.000 €. Sauf qu'en l'absence de reçu attestant du paiement des sommes - les avocats ne lui en auraient pas remis - la chose commence à devenir délicate.

 

Peut-être est-ce simplement là une variante des célèbres fraudes 419, aussi appelées fraudes nigérianes, et particulièrement en vogue sur Internet. Il s'agit d'escroquerie tentant d'abuser de la crédulité de personnes, en revendiquant une certaine autorité qui garantit la véracité du propos. 

 

Souvent, on les découvre dans sa boîte email, alors qu'une riche héritière d'origine africaine propose spontanément de partager le magot que son père défunt a accumulé dans une banque. Bien entendu, jamais on ne percevra le moindre centime, si l'on a eu le malheur de confier ses coordonnées bancaires. 

 

Dans le cas présent, on parlerait même de la Prisonnière Espagnole, avec Salman Rushdie en guise d'appât...

 

Ce dernier n'a cependant fait aucun commentaire sur le sujet.