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Urine de chat et manuscrits médiévaux : la malédiction du scribe

Nicolas Gary - 18.01.2014

Zone 51 - Insolite - urine de chat - manuscrit médiéval - scribe


En septembre 2012, une série de photos provoquait l'hilarité générale : sur un manuscrit du XVe siècle, un chercheur avait découvert des traces de pattes d'un matou, probablement traquant des rats de bibliothèque. Sympathique découverte, dénichée dans les archives de Dubrovnik, qui avait amusé Emir Filipovic - lequel s'était empressé de la partager avec le net. 

 

 

 

Le livre était pourtant tout ce qu'il y a de plus sérieux : il s'agissait d'instructions envoyées par le gouvernement à des marchands en place en Bosnie ou en Croatie. Les traces de pattes pouvaient alors doucement faire sourire

 

Restons dans le domaine des félins : Open Culture a mis la main sur une photo de manuscrit, saccagé par un chat. « Un scribe de Deventer, écrivant aux alentours de 1420, a découvert son livre ruiné par une tache d'urine laissée par un chat durant la nuit. Il a été obligé de laisser la page vierge, et a dessiné une image de chat, qu'il a maudit avec les mots suivants. »  

 

 


 

 

Toute malédiction, pour être efficace, se devait d'être, à l'époque, prononcée en latin. Le scribe n'a pas dérogé à la règle : 

 

Hic non defectus est, sed cattus minxit desuper nocte quadam. Confundatur pessimus cattus qui minxit super librum istum in nocte Daventrie, et consimiliter omnes alii propter illum. Et cavendum valde ne permittantur libri aperti per noctem ubi cattie venire possunt. 

 

Ici, quelque chose manque, mais un chat a uriné durant une nuit. Maudit soit cet chat du diable qui a uriné sur le livre durant la nuit, à Deventer, et aussi tous les autres chats. Et faites bien attention à ne pas laisser les livres ouverts la nuit quand les chats sortent.

 

C'est qu'entre les scribes et les chats, une relation de bonne intelligence s'était tissée : pour lutter contre une autre malédiction, celle des souris qui viennent ronger les pages des manuscrits, il fallait recourir à la bonne volonté des félins. Devenus des fléaux : de quoi urine...noir !