Vendre des légumes pour rester ouvert : Bertrand Usclat au secours des libraires

Nicolas Gary - 06.11.2020

Zone 51 - Humour - librairie ouverture - fruits légumes conserve - librairies biens essentiels


Humoriste actuellement référence du poil à gratter, Bertrand Usclat officie sur Canal +, dans l’émission Clique. Sa pastille « Broute » fait les délices des uns et des autres, pointant les petits travers de notre délicieuse société. Et autant dire qu’en période de confinement, la matière ne manque pas.



 
« On n’a jamais eu aucun problème sanitaire dans les librairies, en dehors des journées dédicaces de Michel Houellebecq », lance l’acteur, grimé en caricature de libraire, veste en velours sur le dos. 

Comment, en effet, ne pas égratigner cette délicate question des commerces essentiels ou non essentiels ? Imaginer des poivrons en tranches, avec le Prix Goncourt 2020 — une prémonition peut-être ? — ou encore des recommandations de libraire, sur des poëles en inox. 

Des extracteurs de jus aux livre de Thomas Piketty, ce libraire imaginaire s’adapte, comme tous les commerçants, parce que « le reste c’est de la littérature ». Et même l’électroménager reconditionné, proposé en click and collect, se retrouve dans son établissement. Certes, le frigo vendu est bancal, « mais on fournit le bouquin pour le caler ». 
 
Et pour concurrencer Amazon, la réponse est simple : tourner une série entièrement réalisée dans les rayons de la librairie. Les studios du géant américain n’ont qu’à bien se tenir. Après tout : « Partir des livres pour finir par vendre tout et n’importe quoi, ça a plutôt bien réussi à Amazon. Donc on essaye de tout faire comme eux, pour les concurrencer. »

Avec une petite différence tout de même : « Nous, on paye des impôts. »
 


Toute cette séquence a été tournée dans la librairie de L’instant (Paris, XVe). Sandrine Babu, sa propriétaire en rit encore… même si le rictus n’est pas loin. « Bertrand Usclat avait lancé un appel sur Facebook pour son prochain sujet : c’est une cliente qui a fait le lien et hop, en une demi-journée, c’était tourné. »

Pour elle, en revanche, pas question de vendre des légumes ni des fruits. « Ce sujet est compliqué : au printemps, j’y étais opposée, parce qu’aucun équipement ne permettait un accueil en toute sécurité. Avec les normes et les contraintes que nous respectons, c’est presque une hérésie de nous fermer. »

Et de souligner que dans les pharmacies ou grandes surfaces, « on ne limite pas le nombre de clients. Nous, nous nous retrouvons devant la porte, à faire des aller-retour dans le magasin, à la caisse, pour un click & collect comme un petit Amazon. C’est épuisant ». 

Quant à la vidéo, elle l’apprécie beaucoup : « Il faudrait l’envoyer au président. D’ailleurs, elle ne dit pas qu’il faut ouvrir : elle souligne l’absurdité de notre position, explique comment nous sommes coincés. » Heureusement, L’Instant accueille de nouveaux clients, manifestement sensibles à la médiatisation du secteur. 

« La Fnac à côté est fermée, je découvre de nouveaux visages. L’enjeu sera alors de parvenir à convaincre ceux qui nous découvrent de revenir, quand tout ira mieux. »


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