Victime d'une arnaque, il envoie à l'escroc tout Shakespeare par SMS

Louis Mallié - 20.03.2014

Zone 51 - Insolite - Shakespeare - Texto - Hamlet


Edd Joseph avait acheté pour 80 £ sur le site de petites annonce anglais Gumtree un pack comprenant une PS3 et plusieurs jeux. Heureux de sa bonne affaire, il n'a malheureusement pas tardé à déchanter, le colis n'arrivant jamais. Le site ne proposant aucune clause obligeant le remboursement du paiement par carte, la police lui a avoué ne pouvoir rien faire…

 

 

La folie de Titania,

Paul Jean Gervais, domaine public.

 

Le jeune étudiant en graphisme a décidé de prendre sa revanche lui-même - et quoi de mieux pour cela que l'un des plus grands écrivain de la vengeance ? L'oeuvre du maitre, entièrement disponible sur internet s'est donc retrouvée en une simple opération de copier/coller répartie dans plusieurs milliers de SMS… destinés à  l'escroc. « J'étais vraiment blessé et je cherchais un moyen de reprendre une position de force parce que je me sentais démuni. »

 

Possédant un forfait comprenant les SMS illimités il a pu transposer une quinzaine d'oeuvres du dramaturge sans avoir à se soucier du prix - et en ayant juste à appuyer sur « envoyer ». Le vendeur en revanche, peut désormais se soucier de voir son téléphone saturé depuis une semaine : une pièce moyenne de Shakespeare, faisant environ 22 600 mots, elle équivaut à 792 SMS…

 

Hamlet, la plus longue pièce du maitre, n'a nécessité pas moins de 1143 messages. All's Well That Ends Well a donné matière à 861 messages, tandis que Macbeth n'en a demandé « que » 600. Et le jeune homme est bien déterminé à continuer : « Je ne fais rien d'autre que partager un peu de culture avec quelqu'un qui n'en a probablement pas beaucoup », plaisante-t-il.

 

Joseph n'a pas tardé à avoir des réponses un peu moins poétiques de son interlocuteur. « J'ai eu la première réponse au bout d'une heure, avant d'avoir droit à quelques gros mots ensuite. Il m'a également appelé en personne pour m'insulter. J'ai voulu lui demander si il appréciait les pièces, mais il était trop énervé. » Réaction virulente donc. L'oeuvre complète de Shakespeare ne vaut-elle pourtant pas mieux qu'une PS3 ?

 

Quoi qu'il en soit, si elle ne profite pas tant au vendeur, l'arnaque est au moins pour l'étudiant l'occasion de redécouvrir le roi des lettres anglaises : « Je ne suis pas un étudiant en lettres. Je ne suis pas non plus un fan inconditionnel de Shakespeare. Mais je dois avouer avoir un gout nouveau pour ses pièces - et spécialement pour les plus longues. »