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Wimbledon : Roger Federer se prenait pour Hamlet

Clément Solym - 04.07.2011

Zone 51 - Humour - tsonga - federer - hamlet


Nelson Montfort n'aurait sûrement pas désavoué la comparaison, tant le commentateur sportif conserve un goût de la langue, au point de la partager sous la forme de manuels d'apprentissage de l'anglais, par exemple. (notre actualitté)

Mais il est vrai que dans l'art du commentaire sportif, la phrase doit fuser, ciselée comme une pièce d'orfèvrerie, pour rendre à chaque athlète l'homme qui lui revient. Cela dit, commenter Wimbledon, en évoquant les grands personnages des pièces shakespeariennes, il fallait tout de même oser.


C'est dire que dans ce match qui opposait Roger Federer à Jo-Wilfried Tsonga, il y avait matière. D'un côté, un Tsonga qui voltigeait tel un matador auprès du taureau, de l'autre, un Federer qui jouait comme un érudit perplexe... L'idée vaut le détour.

On la doit au site Grantland, qui s'amuse alors à expliquer la défaite de l'un et le succès en l'autre, avec des mots choisis.

Et juste assez pour se prendre au jeu.

Finalement, de par son attitude durant le match, Federer avait tout de Hamlet, hésitant, tétanisé, attendant. Trop lent pour agir et prendre des décisions. « Il avait l'air d'un type qui préférerait être un bosquet dépressif quelque part, devisant sur l'épistémologie, plutôt que de planter le fils de pute qui a tué son père adoré. »

Et d'ajouter en petite note : « Être Hamlet en sport, c'est un peu comme être Othello dans du jardinage. On peut y parvenir, mais vos rosiers vont y passer. »