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Le Prix Folire 2012 attribué à Gilles Paris pour son roman « Au pays des kangourous »

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Folire - 26/11/2012


Le jury du prix FOLIRE s’est réuni ce 23 novembre 2012 au Centre Hospitalier de Thuir (Pyrénées-Orientales). Composé de 58 patients de l’établissement de santé, il avait la lourde tâche de départager les trois finalistes de l’édition 2012 du prix : Gilles Paris, Au pays des kangourous (Don Quichotte), Julie de La Patellière, Notre nuit tombée (Denoël) et Martin Belskis, Dans le square (Buchet Chastel). Le prix a été attribué au premier tour du scrutin à Gilles Paris, par 36 voix contre 12 à Julie de La Patellière et 10 à Martin Belskis.

Le Prix Littéraire Folire, créé en 2011 est le fruit d’un partenariat original entre le Centre Hospitalier de Thuir (Etablissement Public de Santé Mentale), la Caisse d’Epargne Languedoc-Roussillon et le Centre Méditerranéen de Littérature (CML).

Le Prix Littéraire Folire a pour objectif de permettre aux personnes souffrant de troubles psychiques de couronner la qualité littéraire d’un récit ou d’un roman d’un jeune auteur francophone.

Peu après la proclamation du prix, André Bonet, président du Centre Méditerranéen de Littérature et Philippe Banyols, Directeur du CHS de Thuir ont dévoilé le nom du parrain. Il s’agit de Bernard Pivot de l’Académie Goncourt. Ce dernier a accepté d’accompagner le lauréat Gilles Paris début janvier 2013 à Thuir pour lui remettre le prix au nom des différents partenaires. Ce parrainage exceptionnel de Bernard Pivot, très apprécié des patients, est un engagement fort et un encouragement pour les jurés-patients.

« Serons-nous capables d’organiser un prix littéraire comme les autres ? » C’était le défi que s’étaient lancés les jurés lors de la création du prix Folire en 2011, dont Patrick Poivre d’Arvor fut le premier parrain. Le pari « fou » du prix Folire est gagné avec cette deuxième édition riche de promesses.

A l’annonce du prix, Gilles Paris s’est dit très ému, « Parce que j’ai le Prix ? Bien sûr, comme tout lauréat, heureux d’être reconnu. Mais plus encore. Car depuis huit ans, les dépressions que j’ai vécues et vaincues à trois reprises, ont toutefois gardé leurs empreintes et le fait que des patients aient voté pour moi change tout. C’est une revanche sur ces années noires aujourd’hui enfuies. Je me souviens des patients avec qui je partageais mes journées et qui m’ont aidé à surmonter mes angoisses et mes peurs. Car bien au-delà de la médecine et de mes efforts, je sais que je leur dois en grande partie ma survie. Des anonymes pour la plupart que je n’ai jamais revus, mais qui restent en moi comme les meilleurs antidépresseurs qui soient. Être lu par un homme ou une femme qui aujourd’hui traverse ce long tunnel, et apprécie ce roman où la dépression d’un père est évoquée de manière légère par les yeux et les mots d’un enfant, est la plus belle des récompenses qui m’aura été faite tout au long de la promotion de ce roman. Et bien au-delà, car « ce corps étranger » qui pénètre tout dépressif et fait de lui un être vulnérable et fragile, donne un sens à l’écrivain que je suis. »

Avec Au pays des kangourous, Gilles Paris a pris le parti de faire parler un enfant de 9 ans, « un âge ou l’enfant ne juge pas. Il essaye de comprendre. Sa vision du monde donne la distance nécessaire pour aborder les choses graves de la vie ».

Gilles Paris a écrit un roman magistral, grave et rempli d’optimisme.
 
 
Gilles Paris Au pays des kangourous Editions Don Quichotte 18€30, 256 pages

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