Les vautours n'ont pas le choix, Cartuset Benoit

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Cartuset Benoit - 27/01/2017


ISBN : 978-2-312-04459-0

Prix : 15 € €

« Les vautours n’ont pas le choix » : Un titre énigmatique pour un roman accrocheur qui mérite qu'on s'y arrête. 


Le texte bien construit, bien documenté et varié se lit facilement et avec beaucoup de plaisir. L’histoire est bien ficelée, sobrement racontée dans un style efficace, sans recherche de romantisme ni lyrisme excessif. Avec ce premier roman qu’on a du mal à lâcher avant d’avoir atteint la dernière page, Benoit Cartuset réussit à nous tenir en haleine en passant allègrement d’une banale discussion de bistrot à une conversation philosophique puis à une scène de ménage sans jamais perdre le fil de sa narration. Il nous promène de Marrakech et des hôtels de Dubaï aux bouchons lyonnais avec autant de rebondissements que dans un roman policier ou dans une pièce de boulevard.


Les personnages sont assez nettement typés, presque caricaturaux mais pourtant vraisemblables et leurs traits ne sont exagérés que pour servir l’illustration du propos. De page en page, on passe de l’un à l’autre, on regarde leurs vies se croiser puis on entre progressivement dans leur intimité. Parmi eux, il y a Antoine le prof écolo et idéaliste, Martine la copine célibataire qui cherche désespérément le prince charmant. Il y a aussi Patricia l’assistante dévouée, taillable et corvéable, stéréotype de la secrétaire allumeuse qui nous réserve pourtant de belles surprises et nous montre qu’il ne faut pas toujours se fier aux apparences. Et il y a surtout Christian, le vautour en chef, le genre d'individu que personne n'aurait plaisir à fréquenter, qui fonctionne comme une machine dépourvue de sentiments et qui pourtant nous rappelle forcément quelqu’un que nous avons croisé.


Au centre du roman se trouve donc ce jeune et talentueux dirigeant d’entreprise qui semble avoir perdu tout sens moral. Emporté dans la tourmente de la mondialisation et soumis aux diktats de ses actionnaires et du libéralisme décomplexé, il est devenu incapable de penser face aux injonctions de ce système qui lui impose ses règles. Mais est-il bourreau ou victime ? A travers son portrait hélas banal, on s’interroge sur la possibilité d’un management éthique. La partie est difficile et il semble que tout espoir est perdu. Pourtant les dernières pages nous montrent que chacun d’entre nous peut avoir un sursaut moral et choisir de considérer l’humanité comme une fin et pas simplement comme un moyen, à part peut-être les vautours qui ont perdu cette faculté de discerner le bien du mal et sont esclaves de leur instinct.


Face à cet être détestable, les autres protagonistes s’efforcent de défendre un monde altruiste, humain, écologique. Au cours de leurs rencontres, ils discutent beaucoup et tentent d’apporter quelques réponses pratiques aux interrogations de notre époque. Ils échangent leurs idées, leurs réflexions et leurs souvenirs sur des thèmes aussi variés que le management des entreprises, les relations amoureuses, l'écologie ou la religion. Ils affirment surtout leur liberté de penser, ils veulent persister à croire qu’un autre monde est encore possible, un monde qui ne serait pas formaté, un monde épicurien qui ne serait pas seulement régi par les impératifs des marchés financiers, de la spéculation et de la recherche permanente du profit maximal de quelques-uns.


En parallèle du récit, on trouve ainsi dans ce livre des pistes de réponses à quelques grandes questions de notre époque. Ces réponses ne sont jamais assenées comme des vérités indiscutables et incontestables mais comme des propositions avec des exemples concrets, comme des ouvertures vers un avenir autre que celui de la pensée unique. On se dit alors que cet autre monde est peut-être accessible, qu’il nous suffirait de le décider pour qu’il se réalise et le livre se termine donc sur cette belle note optimiste. A la fin, les gentils triomphent et les méchants sont punis et humiliés. L'histoire pourrait ne pas s'arrêter sur une situation aussi idyllique car on sait que les gentils meurent aussi un jour et finissent parfois par trahir. La vie n’est pas un mélo hollywoodien ni un roman à l’eau de rose.


C’est peut-être un peu trop beau mais cela fait du bien, cela rassure, même s’il reste un doute sur la pérennité de cette victoire. Celui qui a été trahi pourra-t-il rebondir et recommencer une nouvelle carrière ? Les idéalistes triomphants résisteront-ils longtemps aux tentations et aux mécanismes implacables du capitalisme ? Ou devront-ils renoncer à leurs principes pour sauver leur peau ? Les nouvelles relations de confiance seront-elles assez solides dans les difficultés qui ne manqueront pas de survenir ? Chacun pourra imaginer sa suite en attendant que Benoit Cartuset nous en propose une.


Né à Lyon en 1962, ingénieur de profession et musicien de jazz, l’auteur est aussi un passionné de philosophie et fervent écologiste. Dans ce premier roman, il nous ouvre le fond de sa pensée en mélangeant des souvenirs réels ou imaginaires, des envies et des regrets, des coups de cœur, des coups de gueule et quelques réflexions personnelles sur notre actualité et le monde qui nous entoure. Ce texte est enrichissant et profond sans être difficile d’accès, il ne peut laisser indifférent.


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