Double peine : les prisonniers condamnés à un accès limité aux livres 

La rédaction - 29.07.2020

 

L’accès à la littérature ou à la documentation dans les établissements pénitentiaires s’avère difficile. Outre la censure de nombreux titres dans les bibliothèques des prisons, les détenus se voient également souvent interdire de recevoir des livres, sous prétexte que ces expéditions alimentent le trafic de drogue ou la livraison d’armes.

Et si le format numérique pouvait alors se positionner comme une solution, nombreuses sont les prisons qui ont décidé de faire payer la lecture des ebooks ou les livres audio. Des titres lourdement facturés qu’il est presque impossible d’acquérir pour les détenus.

Le droit des prisonniers à la lecture se retrouve ainsi régulièrement bafoué, alors même qu’il s’agit d’une pratique souvent considérée comme essentielle pour la réinsertion postcarcérale. Propice à raviver l’imaginaire et la réflexion, le livre représente à la fois un moyen de s’évader, tout en gardant un lien avec le monde. Une sorte de bouée de sauvetage, derrière les barreaux. « Toutes les privations de la vie moderne en prison sont atroces... mais elles ne sont rien comparé à privation totale de littérature » écrivait Oscar Wilde, lors de son séjour à la prison de Reading, près de Londres.

Face à l’accès limité aux livres dans les centres pénitentiaires, l’interprofession se mobilise régulièrement à travers la planète pour offrir de la lecture. Des initiatives comme « Aux oubliées » ont ainsi vu le jour. Cette opération de solidarité consiste à récolter des ouvrages auprès de lecteurs, avant de les envoyer, dédicacés par leur soin, à des centres pénitentiaires français accueillant des femmes. Des associations comme l’Appalachian Prison Book Project offrent également des livres aux détenus et luttent pour faciliter l’accès aux ouvrages dans les prisons.
 
Photographie : pixabay license


 

Londres : les livres désormais proposés aux prisonniers en garde à vue

Les bienfaits des livres sont une fois de plus reconnus, cette fois-ci à Londres. Les personnes placées en garde à vue dans la ville auront désormais le droit d’avoir accès à un petit catalogue d’une trentaine d’ouvrages. Le concept a été introduit par un policier volontaire du Metropolitan Police Service (les policiers responsables du Grand Londres). Les titres sont fournis par l’association Give a Book, et peuvent être conservés par les détenus lors de leur sortie de garde à vue.      (Ken Teegardin, CC BY-SA 2.0)     C’est un policier...

La New York Public Library met des livres en prison

La bibliothèque publique de New York a élargi ses services à la prison de Rikers Island, plus grande prison de la ville et deuxième plus importante des États-Unis. En ouvrant une branche officieuse dans le quartier dédié aux femmes dans le centre Rose M. Singer, la bibliothèque tente de promouvoir la lecture dans l’établissement carcéral.    Domaine public     Cette nouvelle extension de la bibliothèque compte déjà 1200 ouvrages, que les détenues peuvent emprunter comme dans une bibliothèque classique. Dans cette collection, elles peuvent trouver...

Les Ensablés - Chroniques du Lac: "L'Empire céleste" de François Mallet-Joris

Au hasard d'une brocante, mon regard est attiré par une couverture colorée et conviviale, au titre intriguant " l'Empire Céleste" de Francoise Mallet-Joris. Toujours animée par la volonté d'ajouter quelques noms féminins à la liste des auteurs de ce blogue, je parcoure la quatrième de couverture qui attise ma curiosité. Confortée par le prix Femina obtenu en 1958, je négocie l'ouvrage pour quelques dizaines de centimes et me plonge dans la lecture des 430 pages.   Par Elisabeth Guichard-Roche     Le récit se passe à Montparnasse, après guerre. Les cent...

La prison du disctrict de Columbia offre une bibliothèque aux prisonniers

Depuis quelques années, de nombreuses études ont montré l’importance de la lecture, et en particulier dans le milieu carcéral. Activité culturelle la plus représentée en prison, la lecture est, semble-t-il, de plus en plus appréciée des détenus. Cependant, certains établissements pénitenciers n’étaient pas encore dotés de bibliothèques, comme c’était le cas à la prison du District de Columbia, située à Washington D.C.   Corrections.Sa / CC BY 2.0     Le quotidien The Washington Post s’est intéressé à l’histoire de Larry Blair, un...

Trop de détenus auteurs : la Roumanie amende ses remises de peine

On détient probablement un record du monde : un livre de 212 pages a été écrit en moins de 7 heures, en Roumanie. Son auteur est un détenu, lequel a profité d'une loi de 1969 qui permet aux condamnés de réduire leur peine de 30 jours s'ils publient un ouvrage scientifique. Le problème, c'est que le nombre d'ouvrages publiés a littéralement explosé depuis 2013, et que la Justice roumaine soupçonne le recours à des ghost writers. La ministre de la Justice Raluca Prună envisage d'ailleurs une suppression de cette disposition de la loi.   (photo d'illustration, 826...

Le Livre 010101 : une version web et un format EPUB

Le Livre 010101, grande saga du livre numérique des origines à nos jours, est désormais disponible en version web et au format EPUB grâce à Antoine Fauchié. À la fin de ce livre, Matthieu Joly, ingénieur support chez SFR et adepte du logiciel libre, dessine un panorama du livre numérique au présent et au futur.    Zak Mensah, CC BY SA 2.0     Les livres. Le pire, comme le meilleur est à attendre. Ce qui n’était qu’une question de support est maintenant devenu un média. Qui est et reste un média. Notre époque n’a qu’un but majoritairement :...

"Prêter des livres entre particuliers, une habitude vieille comme le monde" Et...?

L’enquête de la répression des fraudes, passée chez la société Booxup a fait couler de l’encre. En dévoilant cette information, ActuaLitté mettait en exergue que le prêt de livres, entre particuliers, pouvait faire l’objet d’un doute, quant à sa légalité. Il s’agit de passer par une application, pour être mis en relation avec d’autres personnes. Mais cette notion même implique des causes et des effets. Voici un point de vue, longuement détaillé, que nous proposons aux aimables lecteurs.   Par Lionel Davoust     5chw4r7z, CC BY SA...

Un juge iranien condamne des délinquants à lire des livres

Quand on sait que l’Iran est l’un des pays où la peine de mort est régulièrement prononcée, la décision rendue récemment par un juge de Gonbad-e Kavus (Nord-Est de l’Iran) a de quoi étonner. Les prévenus se sont en effet vus contraints de lire des livres, avant de rendre des fiches de lectures, plutôt que de purger une peine de prison.   my_southborough, CC BY-ND 2.0     Lire cinq livres. Voilà une peine des plus originales proposée par un magistrat iranien. Selon l’IRNA, Quasem Naqizadeh, juge du tribunal de Gonbad-e Kavus en Iran, a...