Extrait

A + 2
de Schulze, Sophie

Le 01/10/2014 à 19:20

Auteur : Schulze, Sophie
Editeur : Leo Scheer
Genre : litterature francaise romans nouvelles correspondance
Date de parution :
ISBN : 9782756104508
Total pages : 144
Prix : 17 €
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Editeur : Editions Léo Scheer

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Résumé du livre
« En Arabie Saoudite, en Tanzanie, à Abu Dhabi, à Paris, à Strasbourg, au Niger, à Jérusalem et à Cracovie, entre la fin du deuxième millénaire et le début du troisième, une femme de 40 ans, deux générations après Auschwitz, raconte son histoire, ou plutôt notre Histoire. Le dédale des voyages et des expériences vécues, hétérogènes et éclatées, que traverse la narratrice, nous amène à prendre conscience du poids des origines sur une biographie. Une question totalitaire, d’abord non dite, lointaine, puis étouffante, hante et clôture le récit: comment accepter, en l’avouant, la filiation d’un héritage haï et banni sans commettre le parricide? Sophie Schulze est l’auteur de plusieurs romans et d’un essai, tous publiés aux Éditions Léo Scheer. A + 2 fait écho, dans une dimension plus personnelle, mais avec la même lumineuse et implacable concision, à son premier roman Allée 7, rangée 38 (2011). »

 

Premier chapitre

 

 

 

 

Notre père qui es aux cieux,

que Ton nom soit sanctifié

que Ton règne vienne,

que Ta volonté soit faite.

Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien

et délivre-nous du mal

car c’est à Toi qu’appartiennent

le règne, la puissance et la gloire.

Seigneur !

Délivre-nous de cet instant terrible.

Ne fais pas mourir mes enfants,

mes amis,

ma femme,

Victor,

ni aucun de ceux qui T’aiment et croient en Toi,

ni ceux qui ne croient pas en Toi

parce qu’ils sont aveugles

et n’ont pas encore tourné vers Toi leurs pensées

parce qu’ils n’ont pas

connu le vrai malheur.

Tous ceux qui en cet instant

sont privés d’espoir, d’avenir,

de vie,

incapables de se soumettre à Ta pensée.

Tous ceux qui,

submergés par la peur,

sentent la fin approcher

sans craindre pour eux-mêmes,

mais pour leurs proches.

Tous ceux qui n’ont que Toi pour protecteur,

car cette guerre est la dernière,

une guerre horrible

après laquelle il n’y aura plus

ni vainqueurs ni vaincus,

plus de villes ni de villages,

plus d’eau dans les puits,

plus d’oiseaux dans le ciel.

Je Te donnerai tout ce que j’ai,

je quitterai ma famille que j’aime,

je détruirai ma maison,

je renoncerai à Petit Garçon.

Je deviendrai muet,

je ne parlerai plus jamais.

J’abandonnerai tout

ce qui me rattache à la vie,

si seulement

Tu fais tout redevenir comme avant,

comme ce matin, comme hier,

que je sois délivré

de cette peur mortelle,

immonde, bestiale !

Seigneur !

Viens-moi en aide…

et je ferai tout

ce que je T’ai promis.

 

Andreï Tarkovski, Le Sacrifice.

 

 

 

 

 

Et si…

je le dédicaçais plutôt…

à mon grand-père ?

C’est possible, ça ?

 

À mon grand-père,

celui qui n’a pas fait Verdun,

mais Auschwitz.

 

I don’t thing so…

I believe it is not a good idea

It’s impossible, you mean ?

Nein !

Das ist verboten !

Streng Verdoten !

Raus !

Schnell !

 

 

 

 

 

 

PERSONNALITÉ JURIDIQUE

 

 

Papiere ! Schnell !

 

J’ai perdu ma carte d’identité française.

Je n’ai plus qu’un passeport.

Les raisons de la perte de ma carte d’identité nationale sont délicates à présenter. Il faut remonter au début des années 2000, et partir vivre ensuite à Riyad, la capitale de l’Arabie Saoudite.

Quand j’ai tenté cette expérience, j’avais encore ma carte d’identité. Et deux passeports. Le passeport classique. Et un passeport diplomatique. Le passeport diplomatique venait de mon employeur, l’École « française internationale » de Ryiad, où j’enseignais. Grâce à lui, je traversais en coup de vent, sans file d’attente ni contrôles, les frontières de presque tous les pays voisins de l’Arabie. C’était magique. Une liberté de mouvement inédite.

Le prix de cette liberté, la face cachée, obscure de mon passeport diplomatique, me furent révélés lors d’un voyage touristique en Afrique, une année environ après mon installation à Riyad. Je n’en pouvais plus, à cette époque, des déserts et de la chaleur sèche. Je rêvais de froid, de montagnes, de neige. Ces rêves avaient un nom. Le Kilimandjaro. La montagne enneigée la plus proche de mon domicile. Je pris contact avec un guide tanzanien. Je repris la course à pied. Le premier jour des vacances, j’étais partie.

 

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