Extrait

Celui qui comptait être heureux longtemps
de Irina Teodorescu

Le 19/01/2018 à 09:23

Auteur : Irina Teodorescu
Editeur : Gaia
Genre :
Date de parution : 10/01/2018
ISBN : 9782847208122
Total pages : 224
Prix : 19 €
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ISBN : 9782847208375

Editeur : Gaïa Éditions

Prix grand format : 14.99 €

 

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Résumé du livre
Dans les premiers jours de la vie de Bo, il y a des bombes, une cigarette qui part en fumée, une société totalitaire qui s'installe. Bo grandit, aime la musique, les mathématiques, ses amis, une femme, une autre. Il bricole les ondes et les transistors, invente une télécommande et un réveil-cafetière-tourne-disque. Pour sauver son fils, Bo doit quitter le pays. Alors les autorités proposent un marché : devenir leur agent pour partir. Comment assumer son choix, quel qu'il soit ?

 

Premier chapitre

À mon dragon, Lufi

 

 

La ville s’étire dans ses sous-sols. Quelqu’un se lève, rassemble quelques planches et monte dessus pour regarder dehors. Il fait jour et les bombes ont cessé de tomber. La jeune femme blonde se retourne, elle allonge ses jambes en espérant repousser la douleur, les replie aussitôt, cherche le visage de son mari dans le noir, trouve sa nuque. Elle écoute un instant son souffle, lourd d’un sommeil trop court encore, mais la douleur lui poignarde le ventre, ou le dos, elle ne sait pas où plus exactement, elle doit le réveiller et dans un geste involontaire ses ongles percent la peau de l’homme endormi à ses côtés. Il se réveille en sursaut.

– Quoi, qu’est-ce qu’il y a ?

– C’est maintenant, lui dit-elle, et il commence à tâtonner sur la terre battue tout autour à la recherche de ses lunettes puis de sa veste. Il trouve les deux, enfile les deux, se lève, va grimper sur les planches, regarde dehors et voit la même chose : les bombes ont cessé de tomber.

– Si c’est maintenant, alors on y va.

Il tend la main à sa femme, celle-ci s’assoit, étouffe un cri, attend, souffle. Il s’agenouille devant elle.

– On y va, ma chérie. Le docteur sera là ou alors on l’appellera et il viendra, il me doit au moins ça.

Elle tente d’arranger ses boucles, attrape son sac à main, elle n’aura pas le temps de passer à l’appartement, elle le sait, elle ira accoucher en robe de chambre, mais oui, et le docteur leur doit au moins ça. Le mari l’aide à se mettre debout, elle fait quelques pas, un monsieur se lève, essaie de voir qui enjambe ainsi les corps endormis.

– Votre femme a commencé le travail ?

Pol lui jette un regard noir mais, dans l’obscurité, le monsieur ne le voit pas. C’est l’apothicaire du coin de la rue, il n’est pas bien brave, il est même très lâche, remarque Pol, il n’irait pas nous chercher un taxi alors qu’il voit bien que c’est urgent. Oh, il fallait que ça arrive ! Un taxi si tôt le matin après une nuit entière de bombardements, où veux-tu le trouver ? L’apothicaire se retire dans un coin, une femme lui chuchote quelque chose à l’oreille, chacun pour soi, on ne va pas aller courir les rues pour le bébé d’un voisin.

Le mari grand et brun arrive à traîner sa femme blonde dans l’étroit escalier qui mène au rez-de-chaussée, il l’assoit un instant sur la dernière marche, il ajuste ses lunettes à verres sombres, la lumière est déjà trop forte. Ala se plie, une autre contraction vient, monte dans son bas-ventre, elle essaie de rester silencieuse, elle souffle ça va ! ça va !, le mari dit on y va ? mais elle ne répond pas et il ne sait pas trop quoi faire, comment s’y prend-on dans ce genre de situation, il n’en sait rien, mais une chose est sûre, il doit emmener sa femme à la maternité au plus vite.

– Viens, nous allons trouver un taxi.

Il prend son Ala jolie par les aisselles, la soulève, la cale contre son épaule et la tire dehors.

 

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