Extrait

De l'amour
de Stendhal

Le 12/02/2015 à 05:52

Auteur : Stendhal
Editeur : Flammarion
Genre : litterature romans poche
Date de parution :
ISBN : 9782080712394
Total pages : 578
Prix : 9.90 €
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Résumé du livre
« Ce livre, écrivait Stendhal à un ami, est une monographie de la maladie nommée Amour. C’est un traité de médecine morale. » Cette maladie, Stendhal, toute sa vie, en a fait ses délices favorites. La définir, la comprendre, en repérer les symptômes, en analyser les phénomènes déclencheurs – dont la célèbre cristallisation –, en redire les paradoxales jouissances, tel est l’objet de ce « livre d’idéologie ». Né d’un drame intime, il est à la fois la somme des expériences d’Henri Beyle, amoureux éconduit de la froide Matilde, et, par les nombreuses anecdotes et les brèves nouvelles italiennes qui l’émaillent, la préfiguration des romans à venir. Œuvre fétiche, luxuriante et subtile, De l’amour (1822) dresse la carte du Tendre selon Stendhal.

 

Premier chapitre



 

 

 

 

PRÉSENTATION

 

 

 

« L'amour a toujours été pour moi la plus grande des affaires, ou plutôt la seule1 », écrit Stendhal dans Vie de Henry Brulard. Cet aveu donne le la d'une vie et d'une œuvre toutes deux vouées à la recherche, à la définition et au vécu de l'expérience amoureuse. Il faut croire sur parole son cousin Romain Colomb lorsqu'il affirme à propos de De l'amour que « Beyle le considéra toujours comme son œuvre principale2 ». Car l'essai paru en 1822 aborde de front cette grande « affaire », tente de la circonscrire, d'en saisir les raisons et les effets. Son statut est donc tout particulier dans le parcours stendhalien. Il s'agit d'une œuvre carrefour. Point d'arrivée, mais aussi de (re)départ. Somme des expériences d'un homme qui a aimé, en France, en Italie et en Allemagne, et qui s'est formé à la lecture des Idéologues, ces philosophes sensualistes et rationalistes attachés à la « sciences des idées3 » qui ont durablement façonné le tour de son esprit, De l'amour est aussi un appel vers l'œuvre à venir et contient en germe les principes érotiques et esthétiques de celui dont les romans seront autant de variations sur l'amour. « Centre de gravité du corpus stendhalien4 », « vrai centre caché de son œuvre ; le point où elle se distribue, […] sommet où se voit l'unité du territoire parcouru et où se devine l'avenir5 », De l'amour a tout de l'œuvre matrice.

 

 

 

« Volterre's time6 » ou l'origine



De l'amour fut écrit en pleine bérézina sentimentale, par un ancien émule de don Juan qu'un amour impossible et malheureux a transformé en frère de Werther.

En 1814, le retour des Bourbons voit Stendhal « tomber » avec Napoléon. Perdant son poste d'auditeur au Conseil d'État – dont le corps est dissous –, sans ressources, il choisit de s'installer en Italie, pour des raisons économiques (la vie y est moins chère), politiques (échapper à l'« éteignoir7 » qu'est pour lui la monarchie restaurée), mais aussi affectives (l'Italie, fantasmée dès l'enfance, puis découverte dans le sillage des armées de Bonaparte en 1800, est depuis toujours sa « matrie8 », le pays du « bonheur fou9 », dont témoignera bien plus tard La Chartreuse de Parme).

Résidant à Milan depuis 1814, Stendhal fait la connaissance en 1818 de Matilde Dembowki, née Viscontini, vingt-huit ans, d'idées libérales, en butte aux médisances de la société milanaise, vivant séparée de son époux, un brutal officier polonais. Ce 4 mars 1818, jour de la rencontre, marque pour Stendhal le « commencement d'une grande phrase musicale10 » : un amour qui fut « the greatest event of his life11 ». Celle qu'il n'appelle que « Métilde » – faisant ainsi sienne la prononciation de la belle elle-même et de son entourage milanais – l'a rendu « mad by love12 ». Mais ce fut un amour à sens unique, et donc jamais consommé. Ce fut sans doute aussi sa plus grande chance : Métilde est restée la femme inaccessible, l'aimée distante et lointaine, la Dame courtoise. L'Amante majuscule. Elle fut sans contredit le grand amour de Stendhal13. Non qu'il n'ait aimé ailleurs, ni avant, ni encore après. Mais Métilde est celle qui a eu le plus grand retentissement sur l'œuvre à venir. C'est en elle et par elle que l'érotique et l'esthétique stendhaliennes trouvent à se conjoindre. Plus encore que « Muse14 », Métilde n'est rien de moins que « the author », « l'auteur » de De l'amour, selon l'étonnant mot de Stendhal lui-même15.

 

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