Extrait

Ennoblir et embellir ; de l'architecture à l'urbanisme
de Paul Claval

Le 17/10/2013 à 03:33

Auteur : Paul Claval
Editeur : Carnets De L'Info
Genre : architecture,urbanisme, packaging, publicité
Date de parution : 19/09/2011
ISBN : 9782362670176
Total pages : 294
Prix : 19 €
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Résumé du livre
Il fut une époque, du XVe siècle au début du XXe, où les architectes avaient pour mission d'ennoblir les palais, les lieux de culte et les résidences des puissants en les embellissant. La maîtrise des projections mathématiques, et de la perspective qui en découle, donnait aux artistes et aux architectes un pouvoir nouveau ; l'idéal platonicien du beau faisait accepter par tous une grammaire universelle des formes. A partir du XVIIIe siècle, les conditions se transforment: la société s’urbanise, s’industrialise et devient plus mobile: l’esthétique d’inspiration platonicienne est critiquée ; le principe du beau est désormais recherché du côté de la raison ou de l’histoire. Un compromis incarné par Jacques-Nicolas-Louis Durand est imaginé à la jointure du XVIIIe et du XIXe siècle. Il concilie la volonté d’embellissement, dont entendent désormais bénéficier les classes moyennes, avec le souci d’efficacité fonctionnelle. Cette façon de concevoir l’aménagement des villes s’efface au début du XXe siècle, au moment où s’impose le terme d’urbanisme et le programme qu’il désigne: l’amélioration des conditions de vie de tous les citadins. L’art d’ennoblir pour embellir a cependant légué à l’urbanisme de tradition européenne un rêve: celui d’harmoniser les formes bâties.

 

Premier chapitre

INTRODUCTION

 

Je dirigeais, il y a trente ans, la thèse qu’un brillant étudiant japonais consacrait à la croissance de la banlieue ouest de Paris au moment où elle attirait les industries nouvelles – l’automobile et l’aviation. Il me présente un jour les premières conclusions de sa recherche : « L’urbanisme qui se met en place dans la banlieue ouest de Paris entre les deux guerres mondiales, commence-t-il, est en tout point remarquable. » Je le regarde stupéfait : « N’êtes-vous pas sensible dis-je, à la médiocrité et la laideur du bâti, au fouillis de zones où aucune perspective ne s’ouvre, à l’absence de belles constructions ? Il ne se démonte pas : « Vous avez, me dit-il, une conception bien étroite de l’urbanisme. La population explose dans la banlieue ouest de Paris ; en quelques années, les quartiers nouveaux sont pourvus d’écoles, de collèges, de services administratifs, de dispensaires, d’hôpitaux, d’espaces verts. Des lignes de banlieue et d’autobus les desservent. N’est-ce pas cela, l’urbanisme ? »

C’est au contact d’étudiants étrangers que j’ai souvent pris conscience de la singularité des points de vue occidentaux : c’est pour répondre aux interrogations que cet étudiant japonais fit naître en moi que j’ai écrit cet ouvrage. Son but est d’expliquer la genèse d’une singularité de l’Europe et de ses projections : on ne s’étonnera pas de n’y rien trouver sur l’art de concevoir les villes en Inde, en Chine ou dans l’Amérique d’avant Colomb.

Les pratiques de l’aménagement et de l’urbanisme sont anciennes. La mise en valeur agricole implique le dessin et la délimitation de parcelles, l’organisation d’assolements, la combinaison de l’élevage et de la culture : pour y parvenir, les terroirs doivent être organisés. Pour faciliter la levée de l’impôt sur les terres et sur les récoltes, le gouvernement découpe parfois des exploitations de taille standard qu’il taxe toutes de la même façon. À l’échelle de l’État, le territoire est sécurisé par un limes, par des lignes de fortifications ou par un semis de citadelles. Le pouvoir central construit des routes qui acheminent les informations dont il a besoin, diffusent ses ordres, facilitent la manœuvre de ses troupes et stimulent les échanges. Le prince crée des centres urbains là où ils manquent ; il en choisit l’emplacement, en dessine le plan. Les villes élèvent des remparts pour se protéger. Leurs édiles prohibent l’utilisation de certains matériaux pour prévenir les incendies, imposent des alignements pour éviter la congestion des voies, créent des places pour la tenue de marchés ou de réunions. Pour fonctionner, les sociétés doivent disposer de certains équipements, de certaines infrastructures, d’une certaine organisation de l’espace : cela suppose la mise en œuvre d’un aménagement et d’un urbanisme à des fins utilitaires. Ces politiques remontent très haut dans l’histoire.

 

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