Extrait

Histoire des mercenaires
de Bruyere-Ostell, Walter

Le 29/05/2014 à 12:40

Auteur : Bruyere-Ostell, Walter
Editeur : Tallandier
Genre : histoire essais
Date de parution : 05/05/2011
ISBN : 9782847346787
Total pages :
Prix : 19.80 €
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ISBN : 9791021002104

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Résumé du livre
Le terme de mercenaire a pris aujourd'hui une connotation très négative.

Contrairement au soldat, il serait uniquement motivé par l'appât du gain. Or, c'est de fait l'un des aspects centraux de sa définition. Un mercenaire est effectivement un combattant étranger aux parties du conflit, recruté spécialement pour prendre part aux hostilités, et qui bénéficie généralement d'une rémunération nettement supérieure à celle de ses homologues de l'armée régulière. Autre distinction d'importance : il n'a pas le droit au statut de combattant ou de prisonnier de guerre.

Le recours aux mercenaires s'inscrit dans la tradition guerrière occidentale depuis l'Antiquité. Longtemps, ils ont constitué l'épine dorsale des armées européennes. Au XVIIIe siècle, en France, la question de la vénalité de l'armée ainsi qu'un fort sentiment nationaliste les placent au centre de la controverse. La Révolution va achever de les présenter comme des hommes sans foi, ni loi, se vendant au plus offrant.

Dans les années 1960, la question du mercenariat apparaît à nouveau. La communauté internationale ressent le besoin d'en donner une définition juridique et s'interroge sur la nécessité de sa criminalisation. Aujourd'hui, l'externalisation des prestations armées est au coeur des conflits du début du XXIe siècle, en particulier en Irak et en Afghanistan. Peut-on alors envisager le retour de conflits privés ? Notre époque referme-t-elle la parenthèse des Etats-Nations, comme le laisse penser la disparition de l'appel de leurs conscrits sous les drapeaux ? Ou au contraire, assiste-t-on aujourd'hui à une plus grande transparence quant à l'utilisation de soldats de fortune, à une délimitation de la nébuleuse mercenaire et à son inscription dans les règles du droit international ? L'Histoire des mercenaires tente de répondre à toutes ces questions.

 

Premier chapitre

« Quoi ! Ces cohortes étrangères

Feraient la loi dans nos foyers !

Quoi ! Ces phalanges mercenaires

Terrasseraient nos fiers guerriers. »

 

Ce troisième couplet de l’hymne national, La Marseillaise, rend bien compte de la rupture que représente la Révolution française dans la longue histoire du mercenariat. Cette activité professionnelle est associée depuis la plus haute Antiquité à la pratique guerrière. Bob Denard, l’un des « Affreux » les plus célèbres de la guerre froide, n’avait-il pas pour coutume de dire que « le mercenariat est le deuxième plus vieux métier au monde » ? Mais, à la fin duXVIIIe siècle, sa corporation est vilipendée par la Grande Nation. La Révolution française souhaite lui substituer la conscription comme principe de base de l’organisation des forces armées d’un État.

L’accomplissement de cette mutation majeure explique le point de vue habituellement négatif porté sur les mercenaires. Depuis 1789, ils sont perçus comme des hommes sans foi ni loi, qui se vendent au plus offrant. Pourtant, ils ont longtemps constitué l’épine dorsale des armées européennes. À partir de 1453, des « capitulations » sont signées entre les souverains français et les cantons suisses pour le recrutement de mercenaires au service de la Couronne. En fait, la monarchie française ne fait que s’inscrire dans la longue tradition guerrière occidentale depuis l’Antiquité. Déjà, à la fin du Ve siècle avant J.-C., l’Athénien Xénophon relate les campagnes qu’il a menées à la tête de ses « 10 000 mercenaires ». Plus tard, Carthage emploie de nombreux soldats de fortune pour affronter Rome lors de la première guerre punique. Au point, d’ailleurs, de devoir subir le poids d’un nouveau conflit, la « guerre des mercenaires » (241-238 avant J.-C.) pour mater ces supplétifs mécontents de leur démobilisation ! Au Moyen Âge, Bertrand Du Guesclin assume ce rôle en Espagne. Il entraîne les célèbres routiers vers le champ de bataille castillan : le capitaine français réussit à placer sur le trône Henri de Trastamare contre son frère Pierre le Cruel. Aragonais ou castillans, brabançons ou allemands, ces guerriers libres forment de « Grandes Compagnies ». Jusqu’à leur passage en Espagne, elles profitaient de la guerre de Cent Ans pour mettre à feu et à sang le royaume de France dans leur propre intérêt. Leurs sanglants exploits ont ainsi valu à certains de leurs chefs le surnom d’« Écorcheurs ».

L’époque moderne est ensuite marquée par la lente construction de l’État. Progressivement, les rois imposent leur monopole à faire la guerre : « La guerre fait l’État et l’État fait la guerre », disait Charles de Tilly. Toutefois, les forces que les souverains utilisent sont encore loin d’être totalement contrôlées, sinon étatisées1. Au contraire, à la Renaissance, les condottieri font et défont les princes italiens qui les engagent par contrat (condotta). Ils finissent par s’installer eux-mêmes à la tête des principautés les plus puissantes, à l’instar des Sforza. Fils de paysan, Muzio Attendolo devient condottiere et gagne rapidement le surnom de Sforza en raison de sa force exceptionnelle. Son fils, Francesco, reprend la tête de ses mercenaires ; il combat au service des Visconti de Milan contre le pape avant de changer de camp. Marié à une fille illégitime du duc de Milan, il assiège la ville pour son propre compte en 1450 et est reconnu duc par la population. Sa dynastie se maintient à la tête de la principauté lombarde jusqu’en 1532. Durant toute l’époque moderne, le rôle des mercenaires demeure crucial. Lansquenets et reîtres allemands sont les principales forces des empereurs Habsbourg dans la guerre de Trente Ans. De leur côté, des exilés irlandais, les « Oies sauvages », servent fidèlement le roi Louis XV et s’illustrent à son service à la bataille de Fontenoy en 1745. Dans les conflits entre la France et l’Angleterre, les corsaires se distinguent des vulgaires pirates et autres boucaniers. Par lettres de course (d’où leur nom) signées du roi, ils accomplissent des missions sur tous les océans contre l’ennemi d’outre-Manche et bâtissent des fortunes personnelles plus que confortables. Certains, comme Jean Bart, entrent dans la légende de la marine française. Chargé par Louis XIV de livrer une lutte sans merci aux flottes anglaise et hollandaise, le corsaire dunkerquois ravage à plusieurs reprises les côtes de Grande-Bretagne et manque de peu la capture du souverain anglais Guillaume d’Orange. Anobli, décoré de l’ordre de Saint-Louis, Jean Bart finit sa carrière avec le grade de chef d’escadre.

 

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