Extrait

Kalpa impérial
de Angelica Gorodischer

Le 06/07/2017 à 13:13

Auteur : Angelica Gorodischer
Editeur : La Volte
Genre :
Date de parution : 27/04/2017
ISBN : 9782370490407
Total pages : 246
Prix : 20 €
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Résumé du livre
Une fable, un conte au souffle épique, un roman tissé d’histoires entrelaçant les naissances et les chutes d’un empire, « l’Empire le plus vaste qui ait jamais existé ».Kalpa Impérial est un livre universel et visionnaire, écrit par une très grande auteure argentine, injustement méconnue en France. Traduit dans le monde entier, notamment en anglais par Ursula K. Le Guin, ce chef-d’oeuvre inclassable fait songer au cycle de Gormenghast de Mervyn Peake ou aux Villes invisibles d’Italo Calvino.mporains de Mathias de Breyne.Ses oeuvres sont en revanche traduites dans de nombreux autres pays - Kalpa impérial est notamment traduit par Ursula Le Guin en anglais.

traduit par Mathias de Breyne

 

Premier chapitre

À Sergio Gorodischer

 

 

Remerciements

Je suis profondément reconnaissante pour l’élan que m’ont donné Hans Christian Andersen, J. R. R. Tolkien et Italo Calvino, car sans leurs mots galvanisants ce livre n’aurait pas vu le jour.

 

 

Portrait de l’Empereur

 


Le vingtième siècle me déprime.

Trafalgar MEDRANO

 

 

Le narrateur dit : À présent que soufflent des vents cléments, à présent que sont révolus les jours d’incertitude et les nuits de terreur, à présent qu’il n’y a plus de délations, de persécutions ou d’exécutions secrètes, à présent que le caprice et la folie ont disparu du cœur de l’Empire, à présent que ni nous ni nos enfants ne sommes assujettis à l’aveuglement du pouvoir ; à présent qu’un homme juste se tient sur le trône d’or et que les gens sortent tranquillement de leurs maisons pour voir s’il fait beau et vaquent à leurs occupations et planifient leurs vacances et les enfants vont à l’école et les acteurs jouent leur rôle du fond du cœur et les filles tombent amoureuses et les vieux meurent dans leur lit et les poètes chantent et les joailliers pèsent l’or derrière leurs petites vitrines et les jardiniers arrosent les parcs et les jeunes discutent et les aubergistes mettent de l’eau dans le vin et les maîtres enseignent ce qu’ils savent et nous autres les conteurs de contes contons de vieilles histoires et les archivistes archivent et les pêcheurs pêchent et tout un chacun peut décider selon ses vices et ses vertus ce qu’il doit faire de sa vie, maintenant n’importe qui peut entrer dans le palais de l’Empereur, par nécessité ou par curiosité ; n’importe qui peut visiter cette grande maison qui des années durant a été voilée, interdite, défendue par les armes, fermée et obscure comme le furent les âmes des Empereurs Guerriers de la dynastie des Ellydróvides. À présent n’importe qui peut marcher dans les larges couloirs tapissés, s’asseoir dans les patios pour écouter l’eau des fontaines, s’approcher des cuisines et se voir donner un beignet des mains d’un gros commis souriant, couper une fleur dans les jardins, se regarder dans les miroirs des galeries, voir passer les femmes de chambre qui portent des corbeilles de linge propre, toucher d’un doigt irrévérencieux la jambe d’une statue de marbre, saluer les précepteurs du prince héritier, rire avec les princesses qui jouent au ballon dans le pré ; et peut aussi s’arrêter devant la porte de la salle du trône et simplement attendre son tour, pour s’approcher de l’Empereur et lui dire, par exemple :

— Sire, j’aime beaucoup le théâtre, mais dans mon village il n’y a pas de théâtre. Ne crois-tu pas que tu pourrais donner l’ordre d’en construire un ?

Ekkemantes I sourira probablement car lui aussi aime beaucoup le théâtre et il se mettra à parler avec enthousiasme de la dernière tragédie en vers d’Orab’Maagg dont la première fut donnée dans la capitale quand soudain l’un de ses conseillers lui fera remarquer avec une petite toux discrète qu’il ne peut pas passer une heure à bavarder avec chacun de ses sujets car sinon il n’aura plus le temps de gouverner. Et probablement le brave Empereur, qui ne semble fait que pour le sourire et le geste débonnaire mais qui sut prendre les armes et les manier comme l’ange de la guerre aux ailes noires lorsque dans l’Empire il fut question d’annihiler la cupidité et la cruauté d’une caste maudite, répondra au conseiller que bavarder une heure avec chacun de ses sujets est une manière de gouverner, et pas des pires, mais que monsieur le conseiller a raison et afin de ne pas perdre plus de ce temps précieux, que monsieur le conseiller rédige un décret que l’Empereur signera, dans lequel sera donné l’ordre de construire un théâtre dans le village de Sariaband. Il est également possible que le conseiller ouvre grand les yeux et dise :

 

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