Extrait

L'homme qui frappait les femmes ; l'insoutenable
de Aymeric Patricot

Le 26/03/2013 à 19:58

Auteur : Aymeric Patricot
Editeur : Leo Scheer
Genre : litterature francaise romans nouvelles correspondance
Date de parution : 06/02/2013
ISBN : 9782756103358
Total pages :
Prix : 19 €
chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version grand format

 

illustration

ISBN : 9782756103358

Editeur : Leo Scheer

Prix grand format : 19 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
Ce roman est la confession d'un maudit. Dès l'adolescence, et les premiers émois amoureux, un désir irrépressible de frapper les femmes l'a emporté dans une chute sans fin. Il vivra désormais face à l'horizon indépassable du malheur d'autrui et de l'horreur d'être soi, sans échappatoire, comme prisonnier de lui-même, de la force inconsciente qui le gouverne. Quand l'heure de payer sera venue et que la violence se retournera contre lui, il n'aura d'autre solution que d'accepter cette terrible justice ; de bénir ce qui le débarrassera enfin de lui-même.rnDans sa postface, " L'insoutenable ", Aymeric Patricot approfondit les questions que soulève ce roman choc, d'une noirceur fascinante.rnQuelle part d'humanité demeure quand le mal emporte une vie ? Quelle est cette zone de nous-mêmes d'où sortent les pires pulsions ?rnIl prouve ainsi, à la fois en confirmant qu'il est un des romanciers les plus puissants de sa génération et en se montrant capable de prolonger son travail sur le plan théorique, que la littérature demeure un des instruments les plus féconds de connaissance de l'humain.

 

Premier chapitre

Je ne chercherai pas dans ce livre à me justifier, ni même à présenter les choses sous un jour avan- tageux pour moi. Je ne ferai pas non plus l’apologie de ce que j’ai commis. Je comprends qu’on m’en veuille et, dans une certaine mesure, je comprends qu’on fantasme ma mort. Si je devais affronter un jour, physiquement, quelqu’un qui voudrait me réduire au silence, c’est avec le plus grand des regrets que je serais amené à me défendre.

Je tiens d’ailleurs à m’excuser pour la véritable indécence que constitue ma vie. Je suis bien obligé de constater que ce défaut dans mon caractère m’a valu des succès... Je ne tirerai cependant pas de conclusion, ni sur le plaisir que certaines femmes pourraient tirer de mes dérapages, ni sur l’éminente utilité de la violence. La réalité, dans mon cas, aura été beaucoup plus prosaïque : hasards, opportunités, remous provoqués par mon attitude... Je n’ai pas matière à devenir cynique, et je ne m’occupe pas à juger. D’autres s’en chargeront pour moi.

Peut-être faudrait-il prendre avec humour, en fin de compte, ma carrière en tant que président d’une association de défense des femmes. Ma vie tout entière semble tenir dans ce pied de nez à la morale. Bien sûr, les quelques femmes qui s’acharnent sur moi depuis que je suis à la retraite, et qui menacent maintenant tout ce qu’il reste de ma vie, n’aimeraient pas ce mot de plaisanterie. Mais quoi, nous nous sommes aimés, malgré tout, d’une manière ou d’une autre, et c’est peut-être là l’essentiel.

Je n’ai pas l’excuse de la misère ni du spectacle de la violence. Mon père n’a jamais levé la main sur ma mère, je n’ai pas eu d’amis dont la situation familiale laissait à désirer. Je n’ai jamais vu non plus d’agression. Je n’ai même pas été consommateur de ce genre de chose à la télévision : c’était en famille que je regardais les films, et nous nous contentions de fictions conventionnelles. Non, mon rapport à la violence est uniquement déterminé par ma rencontre avec certaines filles.

J’habitais Trouville avec mes parents, face à Deauville où mon père exerçait son métier de croupier. Ma jeunesse est indissociable de la plage, à deux pas de la maison, la mer souvent froide et les promenades dans le vent. Les jours de soleil, je m’allongeais sur le sable avec des amis qui me paraissaient alors si différents, extraordinairement libres avec leur joie désordonnée, leur appétit de choses heureuses. Je ne sais pas si j’étais déjà sou- cieux de ce qui se passait en moi, mais je ne me sentais pas capable d’une telle franchise dans le bonheur.

Je ne sais pas non plus si toute mon histoire ne dépend pas du curieux sentiment que j’avais alors d’être totalement insignifiant. Mon physique et mon caractère ne me paraissaient pas aimables. Il me fallait toujours du temps pour me faire des camarades, et parfois certains ne m’écoutaient même pas. Je me doute que tout cela reste assez commun. Mais mon existence a pris une tournure si particulière, et j’ai toujours eu tendance à lui chercher des causes et des raisons. Mon insigni- fiance, à cet égard, me paraît décisive.

 

medias

Suivez-nous

 

Désinscription

16

1

l-homme-qui-frappait-les-femmes-l-insoutenable-aymeric-patricot

855