Extrait

L'inconnue du bar
de Jonathan Kellerman

Le 16/06/2014 à 14:25

Auteur : Jonathan Kellerman
Editeur : Seuil
Genre : policier & thriller (grand format)
Date de parution : 17/04/2014
ISBN : 9782021061321
Total pages : 384
Prix : 19.90 €
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Résumé du livre
Alex Delaware et sa compagne Robin vont prendre un dernier verre au bar du Fauborg Hotel : leur établissement préféré est sur le point de fermer. Ils y remarquent une ravissante jeune femme qui boit coupe après coupe de champagne tout en consultant nerveusement sa montre. Visiblement, elle attend quelqu'un. Eux, au bout d'un moment, se décident à partir. Deux jours plus tard, Alex est appelé par son compère le lieutenant Surgis sur les lieux d'un crime brutal. La victime défigurée n'est autre que l'énigmatique beauté aperçue au Fauborg. Les recherches du tandem les conduisent à une agence d'escort girls d'un style nouveau : tenue par deux astucieuses soeurs d'origine arménienne, elle fonctionne par l'intermédiaire d'Internet et met en présence des "petites chéries" et des "papas gâteaux"... L'inconnue figurait sur leur registre sous le nom de Mystery. Tout un programme...

 

Premier chapitre

Celui-ci est pour Kim Hovey

Telle une crapule en cavale, Los Angeles enterre son passé. Voilà sans doute pourquoi personne ne protesta quand la sentence tomba : l’hôtel Fauborg était condamné à disparaître. J’habite une ville spécialisée dans la fabrique des illusions. Dans l’univers parallèle où règnent les sociopathes qui fabriquent des films, les relations humaines se résument aux répliques incisives, le bistouri l’emporte sur les gènes. Autrefois, L.A. comptait plus de demeures victoriennes que San Francisco, puis on a fait appel aux démolisseurs et tout le patrimoine architectural a été remplacé par des pavillons années trente, lesquels ont ensuite cédé la place à la camelote d’après-guerre, qui a été à son tour évincée par les tours-dortoirs aux cloisons si fines que le poing d’un bambin passe sans peine à travers. Les défenseurs du patrimoine tentent de contenir l’érosion, mais ils en sont réduits à se battre pour des stations-service et des motels de bric et de broc. On verse des dessous-de-table, on contourne le code de l’urbanisme et des chefs-d’œuvre tels que l’hôtel Ambassador disparaissent comme des rides injectées de Botox.

Sans rivaliser avec l’Ambassador, le Fauborg n’était pas dénué de charme. Les trois étages de sa sombre façade en brique rouge étaient nichés entre un pressing et une maison de retraite dans Crescent Drive, une rue tranquille de Beverly Hills. À deux pas des cafés pour m’as-tu-vu européens deCanon Drive et de la frénésie consumériste de Rodeo Drive – et pourtant on se serait cru dans un autre monde. Le Fauborg ne figurait dans aucun guide touristique et jouissait néanmoins d’un des meilleurs taux d’occupation de la ville. Édifié en 1949 par un certain Marcel Jabotinsky, un Français rescapé de l’Holocauste, l’édifice s’inspirait des belles demeures des films américains qui l’avaient captivé à l’adolescence. Au début, l’établissement avait été fréquenté par des émigrés du vieux continent en quête d’un lieu paisible et tranquille. Une clientèle attachée à cette quiétude discrète s’était constituée au fil des ans, mélange d’Européens nettement plus distingués que la présente génération et de quelques Américains avertis qui sacrifiaient volontiers le chic tendance et décalé pour une bonne nuit de sommeil.

Je connaissais le Fauborg car il m’arrivait de venir y prendre un verre. Situé à l’arrière, le bar était de taille modeste et sans prétention. Éclairage tamisé, lambris de planches de chêne débitées sur mailles, médiocres paysages de l’école de Barbizon. L’octogénaire bossu qui officiait derrière le comptoir concoctait l’un des meilleurs side-cars de Los Angeles, un cocktail que Robin apprécie. Divers pianistes, pour la plupart des musiciens de studio à la retraite, se relayaient au Steinway de concert disposé dans un angle, mais la musique n’interférait jamais avec le plaisant bourdonnement des conversations et le tintement harmonieux des verres en cristal. Le personnel se montrait attentif mais discret, les amuse-gueules étaient corrects et l’on en ressortait en se sentant de nouveau civilisé. Robin et moi y avons passé bien des dimanches soir, installés dans un box du fond sur une banquette au cuir craquelé, main dans la main, à grignoter des crackers au fromage en appréciant des airs de Gershwin.

 

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