Extrait

La Fureur du Prince
de Thierry Berlanda

Le 20/09/2016 à 08:34

Auteur : Thierry Berlanda
Editeur : Numeriklivres
Genre : Polars & Thrillers
Date de parution : 22/06/16
ISBN : 9782897179526
Total pages : 285
Prix : 5.99 €
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ISBN : 9782897179526

Editeur : Numeriklivres

Prix grand format : 5.99 €

 

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Résumé du livre
Le criminel le plus sauvage du pays vient de s'échapper. À l'issue d'un carnage qui promet d'être le premier d'une longue série, il a franchi les murs de son hôpital psychiatrique. Qui l'a aidé ? Et à quelle fin ? De nouveau, Jeanne Lumet, celle qui a permis son arrestation un an auparavant, se dresse sur la route ensanglantée de celui que les journalistes ont surnommé Le Prince. Et de nouveau, elle agit au péril de sa vie, entre Bareuil - son mentor qui joue un jeu sadique avec elle - et Falier - le flic en fin de parcours censé la protéger. Dans La Fureur du Prince, Thierry Berlanda convoque les personnages de L'Insigne du Boiteux pour nous faire frémir de plus belle. Il y parvient au-delà de tout espérance.



Thierry Berlanda est écrivain, philosophe, auteur-compositeur et conférencier. Ses romans explorent des genres très différents.

 

Premier chapitre

Lundi matin, 4 heures.

 

La nuit, l’appartement de Paul devient une sorte de féerie électronique. Dans la pièce principale transformée en studio d’enregistrement, le clignotement des diodes multicolores ricoche de miroir en porte vitrée et de guéridon laqué en cendriers de verre. Les colonnes de samplers et les moniteurs s’y reposent d’une journée de torture tabagique, dans le vrombissement atonal des tours HP.

Jeanne et Paul sont allongés côte à côte dans la chambre contiguë, indifférents à cette architecture cubique d’où s’élancent les ombres d’une basse Höfner et d’une Gibson Joe Walsh de collection.

Lui, la tête enfouie dans un oreiller, dort d’un sommeil aussi paisible que celui de l’enfant qu’il était trente ans plus tôt, bien qu’à portée de souffle d’une orgie de mégots froids. Ses nuits sont en général comme des vols en planeur au-dessus de paysages idylliques, c’est tout juste si une aile frôle un cumulus de temps à autre. En revanche, les fois où Jeanne le tanne jusqu’à ce qu’il accepte qu’elle dorme chez lui, le zinc est soumis à de fortes turbulences. Alternativement, elle cherche son contact pour se rassurer, puis s’écarte de lui l’instant d’après, effrayée comme si elle se persuadait subitement d’être couchée contre une momie ou un quartier de viande.

Cette nuit, Paul s’est endormi rapidement, mais Jeanne a les yeux bien ouverts. Elle regarde fixement la danse lumineuse des diodes, qui n’a aucun effet hypnotique sur elle. Depuis cinq minutes, elle respire mal, sa bouche s’assèche, son front se mouille de sueur. Soudain, elle se redresse à l’équerre dans le lit. « Encore une ! » Jeanne compte ses crises d’angoisse comme un berger ses moutons. Non, ce serait trop beau, c’est plutôt comme si elle devait compter des pommes sur leur pommier : jamais certaine de ne pas en oublier une, toujours obligée de reprendre à zéro, jamais fini. Et par quelle pomme commencer ? Et par quel côté de l’arbre ?

Paul tourne la tête, mais sans ouvrir l’œil. « Ça y est ? Tu démarres ton solo ? »

Elle sourit, mais d’une façon qui signifie qu’il ne faudrait pas trop la pousser pour qu’elle tombe. Elle pose ses pieds nus sur le parquet. Le bruit qui s’ensuit, à peu près celui de la coque d’un navire en perdition, la tranquillise un peu. Il signifie que ce qui peut sembler effrayant est le plus souvent aussi inoffensif que ces simples bouts de bois qui craquent, que ce cumulus qui effleure les ailes du planeur. Ou que cette ombre au carreau, qui pourrait être humaine, et sur laquelle deux diodes se reflètent comme des yeux malveillants. Or, si Jeanne est diagnostiquée névrosée depuis longtemps, et que les événements de l’année précédente ne l’ont sûrement pas rapprochée d’une guérison, elle n’en est pas à imaginer des géants capables de l’observer par une fenêtre du deuxième étage, rue Monge, même en pleine nuit.

 

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