Extrait

SAS 134 La source Yahalom
de Gérard de Villiers

Le 19/08/2016 à 10:58

Auteur : Gérard de Villiers
Editeur : Editions Gérard de Villiers
Genre : Polars & Thrillers
Date de parution : 01/08/16
ISBN : 9782360530939
Total pages : 256
Prix : 5.99 €
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ISBN : 9782360530939

Editeur : Editions Gérard de Villiers

Prix grand format : 5.99 €

 

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Résumé du livre
Malko eut l'impression que le fiacre penchait légèrement sur la gauche. Il tourna la tête et son pouls grimpa comme une fusée. Un homme, le visage dissimulé par une cagoule, s'aggrippait de la main gauche à un des montants de la capote. Sa droite brandissait un pic à glace. Malko voulut s'écarter, mais le bras de Lia noué autour de sa nuque l'immobilisait comme un étau. Tétanisé, il vit le pic à glace s'abattre avec une force inouïe en direction de sa poitrine, visant le coeur. 

 

Premier chapitre

CHAPITRE PREMIER

 

Stacy Lak poussa la porte du Cipriani et ne put guère aller plus loin. Une dizaine de personnes attendaient debout, entre l’entrée et le bar, qu’on leur attribue une table. C’était bondé et incroyablement bruyant… Beaucoup de femmes à la voix haut perchée qui s’égosillaient à qui mieux mieux pour couvrir le bruit de fond. Sergio, l’élégant maître d’hôtel chargé des réservations, debout près de son pupitre, se retourna, aperçut Stacy Lak et son visage un peu mou s’imprégna aussitôt d’une stupéfaction douloureuse.
— Mrs. Lak ! Good afternoon. Vous n’aviez pas réservé ?
— Hélas non, Sergio ! fit la jeune femme avec un sourire désolé. Je ne pensais pas venir. C’est vraiment impossible de me trouver une petite table ?
Sergio secoua la tête, grave comme un médecin se préparant à annoncer à un patient qu’il souffre d’un cancer terminal.
— Difficile ! Très difficile, Mrs. Lak. Regardez !
Il désignait le moutonnement de clients en train de s’empiffrer de pâtes à la truffe blanche, la spécialité du jour, à soixante-quinze dollars la portion. Le restaurant Cipriani, installé au rez-de-chaussée de l’hôtel Sherry-Netherland, entre l’hôtel Pierre et l’antiquaire A la Vieille Russie, n’offrait à la vue qu’une étroite porte sans même un auvent, et deux baies vitrées protégées par de pudiques rideaux blancs. Pourtant, installé au cœur de Manhattan, face au Plaza Hotel et à Central Park, au coin de Fifth Avenue et de la 59e Rue, c’était un des restaurants les plus chers et les plus snobs de New York. Avec ses bouquets de roses jaunes un peu partout, ses murs coquille d’œuf, son long bar en acajou et ses petites tables carrées très rapprochées, il était la réplique du Harry’s Bar de Venise. Pourtant, le plafond bas le rendait aussi bruyant qu’une volière, les garçons traitaient les clients avec une désinvolture presque méprisante, les élégantes New-Yorkaises qui y picoraient payaient des additions monstrueuses, mais, triomphe du snobisme, il fallait quand même réserver une semaine à l’avance…
Un garçon entraîna le groupe qui piétinait devant le bar vers deux tables enfin libérées, et Stacy Lak aperçut immédiatement la table vide face à la porte, jouxtant un des grands piliers d’acajou du bar.
— Et celle-là ? demanda-t-elle à Sergio, en pointant le doigt dans sa direction.
L’Italien eut une mimique désolée.
— Elle est réservée, Mrs. Lak. Pour une très fidèle cliente qui l’occupe presque tous les jours.
— Elle n’est pas là…
Adossée à l’énorme fortune de son mari iranien, Stacy Lak avait décidé de ne pas se laisser faire. Elle plongea la main dans son sac Hermès et un billet de cent dollars changea discrètement de main. Sergio poussa un soupir à fendre le cœur et se résigna.
— Elle est en retard mais elle va sûrement venir, précisa-t-il. Installez-vous-y en attendant. Mais dès qu’elle arrive, n’est-ce pas…
Il laissa sa phrase en suspens et Stacy Lak lui adressa un sourire éblouissant. C’était dommage de gaspiller trente mille dollars d’orthodontie pour un simple maître d’hôtel, mais les circonstances l’exigeaient.
— N’ayez aucune crainte, Sergio, jura-t-elle, je ne m’incrusterai pas.
— Merci, Mrs. Lak, répliqua le maître d’hôtel, soulagé. A propos, vous avez un tailleur magnifique !
— Merci, Sergio, fit-elle, flattée ; il vient de chez Mary Gray.
Elle était très fière de cet ensemble en maille violette, élégamment gansé, boutonné ras du cou, assez collant pour qu’on devine son importante poitrine. Un peu trop chaud pour ce superbe 1er septembre. Heureusement qu’il y avait du vent. A peine assise, Stacy Lak ouvrit le menu. Une fois qu’elle aurait commandé, ni Dieu ni Diable ne la délogerait de cette table. En haut du menu une inscription avertissait : « L’usage du téléphone portable interfère avec la préparation du rizotto. » Au-dessous, une seconde recommandation : « Nous demandons à notre aimable clientèle féminine de ne pas abuser de parfums trop forts ou trop sexys. »
Il n’y avait que Cipriani pour se permettre ce genre de mise en garde…
Ayant décidé de se contenter du plat du jour, quelques spaghettis aux truffes blanches, Stacy Lak promena un regard satisfait sur les dernières arrivantes, qui, elles, piétinaient encore debout, et alluma une cigarette avec son Zippo recarrossé en or massif par Tiffany.

 

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