Extrait

Le liseur
de Bernhard Schlink

Le 21/08/2016 à 12:49

Auteur : Bernhard Schlink
Editeur : Gallimard
Genre : litterature allemande
Date de parution : 25/06/1999
ISBN : 9782070744893
Total pages :
Prix : 20 €
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ISBN : 9782072410307

Editeur : Gallimard (Editions)

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Résumé du livre
À quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l'un de leurs rites consiste à ce qu'il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain.



Né en 1944, Bernard Schlink est l'auteur du roman mondialement connu Le liseur. Il a exercé la profession de juge et a créé, avec Walter Popp, le personnage du détective privé Gerhard Selb que l'on retrouve dans Brouillard sur Mannheim, Un hiver à Mannheim et La fin de Selb.

traduction Bernard Lortholary

 

Premier chapitre

PREMIÈRE PARTIE

 

1
À quinze ans, j'ai eu la jaunisse. La maladie débuta en automne et se termina au printemps. Plus l'année finissante devenait froide et sombre, plus j'étais faible. C'est seulement avec l'année nouvelle que je remontai la pente. Janvier fut tiède, et ma mère installa mon lit sur le balcon. Je voyais le ciel, le soleil, les nuages, et j'entendais les enfants jouer dans la cour. Par un début de soirée de février, j'entendis chanter un merle.
Ma première sortie, de la rue des Fleurs où nous habitions au deuxième étage d'un gros immeuble datant du début du siècle, fut pour aller dans la rue de la Gare. C'est là qu'un matin d'octobre, en rentrant du lycée, j'avais été pris de vomissements. Cela faisait plusieurs jours que je me sentais faible, plus faible que je ne l'avais jamais été encore de ma vie. Chaque pas me coûtait. Quand je montais des escaliers, à la maison ou au lycée, mes jambes me portaient à peine. Je n'arrivais pas non plus à manger. Même lorsque je me mettais à table en ayant faim, les aliments me dégoûtaient tout de suite. Le matin, je me réveillais la bouche sèche, avec l'impression que dans mon ventre les organes pesaient et n'étaient pas à leur place. J'avais honte d'être aussi faible. J'eus encore plus honte de vomir. Cela ne m'était encore jamais arrivé non plus. Ma bouche se remplit, j'essayai d'avaler, je serrai les lèvres et plaquai ma main sur ma bouche, mais ça jaillit et passa entre mes doigts. Alors, prenant appui sur le mur d'un immeuble, je regardai le vomi à mes pieds, en rendant des glaires liquides.
La femme qui vint à mon aide le fit presque brutalement. Elle me prit par le bras et m'emmena, par une entrée sombre, dans une cour intérieure. En hauteur, d'une fenêtre à l'autre, du linge pendait à des cordes. Des piles de bois étaient entreposées dans la cour ; par la porte béante d'un atelier, une scie hurlait et des copeaux volaient. Près de la porte par laquelle nous étions passés, il y avait un robinet. La femme l'ouvrit, rinça d'abord ma main, puis, prenant l'eau dans le creux de ses mains, m'aspergea la figure. Je m'essuyai avec mon mouchoir.
« Prends l'autre ! » Deux seaux étaient posés près du robinet, elle en prit un et le remplit. Je pris et remplis l'autre, et je retraversai l'entrée derrière elle. D'un grand geste, elle jeta l'eau sur le trottoir, le flot entraîna le vomi dans le caniveau. Elle me prit des mains l'autre seau et acheva de rincer le trottoir à grande eau.
Elle se redressa et vit que je pleurais. « Garçon, dit-elle tout étonnée, garçon ! » Elle me serra dans ses bras. J'étais à peine plus grand qu'elle, je sentis ses seins contre ma poitrine, sentis ma mauvaise haleine et l'odeur de sa sueur fraîche, et je ne sus que faire de mes bras. Je cessai de pleurer.
Elle me demanda où j'habitais, alla poser les seaux dans l'entrée et me raccompagna, portant mon cartable d'une main et me tenant le bras de l'autre. Ce n'est pas loin, de la rue de la Gare à la rue des Fleurs. Elle marchait vite, et d'une façon si décidée que je la suivis sans hésiter. Devant notre immeuble, elle me quitta.
Ma mère fit venir le médecin le jour même, il diagnostiqua une jaunisse. Un jour, je parlai de cette femme à ma mère. Je ne crois pas, sinon, que je serais retourné la voir. Mais ma mère estima qu'il allait de soi que, dès que je pourrais, j'achèterais un bouquet de fleurs sur mon argent de poche, et que j'irais me présenter et dire merci. C'est ainsi que, fin février, je me rendis dans la rue de la Gare.

 

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