Extrait

Le puits
de Repila, Ivan

Le 20/01/2015 à 18:23

Auteur : Repila, Ivan
Editeur : Denoel
Genre : litterature hispano-portugaise
Date de parution :
ISBN : 9782207117682
Total pages : 112
Prix : 11 €
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Editeur : Editions Denoël

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Résumé du livre
Deux frères, le Grand et le Petit, sont prisonniers au fond d’un puits de terre, au milieu d’une forêt. Ils tentent de s’échapper, sans succès. Les loups, la soif, les pluies torrentielles: ils survivent à tous les dangers. À leurs côtés, un sac de victuailles donné par la mère, mais ils ont interdiction d’y toucher. Jour après jour, le Petit s’affaiblit. S’il doit sauver son frère, le Grand doit risquer sa vie. Le Petit sortira-t-il? Le Grand survivra-t-il? Comment surtout se sont-ils retrouvés là? Le Puits est un conte brutal à la fin cruelle et pleine d’espoir. Une fable sur l’amour fraternel, la survie et la vengeance, un roman "qui a mérité sa place au panthéon des Jules Verne, Alain-Fournier et autres Antoine de Saint-Exupéry, selon Zoé Valdés. Un roman indispensable, alors que beaucoup d’entre nous avions déjà annoncé la défaite de l’imagination contre la quotidienneté médiocre et étriquée. "

 

Premier chapitre

 

 

 

 

 

 

Dans un système de libre échange et de libre marché, les pays pauvres — et les gens pauvres — ne sont pas pauvres parce que les autres sont riches. Si les autres étaient moins riches, les pauvres seraient, selon toute probabilité, encore plus pauvres.

Margaret THATCHER

 

 

Je vins dans les villes au temps du désordre

Quand la faim y régnait.

Je vins parmi les hommes au temps de la révolte

Et je me suis révolté avec eux.

Ainsi passa le temps

Qui m’était donné sur la terre.

Bertolt BRECHT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

— Impossible de sortir on dirait, dit-il. Puis il ajoute : Mais on sortira.

Au nord, entourée de lacs grands comme des océans, la forêt s’étend jusqu’au pied d’une chaîne de montagnes. Au milieu de la forêt, il y a un puits. Le puits fait environ sept mètres de profondeur et ses parois irrégulières forment une muraille de terre humide et de racines, son embouchure est étroite et sa base plus large, comme une pyramide vide et émoussée. De veines lointaines en galeries affluentes de la rivière, une eau sombre s’écoule au fond du lit, le tapissant d’un dépôt terreux et d’une boue piquée de bulles qui, en éclatant, restituent à l’atmosphère son parfum d’eucalyptus. Peut-être à cause du mouvement des plaques tectoniques, ou de la continuelle brise tourbillonnante, les petites racines s’agitent, se retournent et paradent en une danse lente et angoissante qui évoque les entrailles des forêts dirigeant lentement le monde.

Le frère aîné est grand. Il gratte la terre pour former des marches, mais lorsqu’il y pose le pied, tout son corps s’affaisse et le mur s’éboule.

Le frère cadet est petit. Assis par terre, les bras autour des jambes, il souffle sur la blessure fraîche qu’il a au genou. En se disant que le premier sang coule toujours dans le camp des plus faibles, il observe son frère tomber, une, deux, trois fois.

— J’ai mal. Je crois que c’est cassé.

— Ne te laisse pas impressionner par le sang.

Dehors, le soleil poursuit sa parabole et s’éclipse derrière les montagnes, tirant l’ombre de l’après-midi qui, comme un rideau de scène, se lève peu à peu sur les joues pâles, les globes oculaires et les dents. Leurs efforts pour creuser un tunnel dans la muraille de terre se sont révélés inutiles, et le Grand est désormais debout, concentré, les doigts dans les passants de son pantalon, cherchant dans les adieux du jour la réponse à une énigme qui s’évapore tandis que s’installe l’obscurité.

— Allez, debout. Peut-être que, si je te porte, tu pourras atteindre le bord.

Le Petit tremble, mais il n’a pas froid.

— C’est trop haut, on n’y arrivera pas, dit-il, en se mettant debout.

Le Grand le prend par la main et d’un geste le fait grimper sur ses épaules, comme s’ils jouaient à se grandir pour faire la taille d’un homme. Le manque de stabilité les oblige à s’appuyer contre la paroi, et de ce point d’observation le Petit comprend qu’ils ne pourront rien atteindre.

 

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