Extrait

Les Français libres ; l'autre résistance
de Jean-François Muracciole

Le 28/09/2014 à 12:43

Auteur : Jean-François Muracciole
Editeur : Tallandier
Genre : histoire du 20Ème siecle a nos jours
Date de parution :
ISBN : 9782847345964
Total pages : 424
Prix : 25 €
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Résumé du livre
Aux combats de la France libre s’attachent quelques noms mythiques: Keren, Kub Kub, Bir Hakeim, El-Alamein… et, plus tard, Paris, Toulon, Strasbourg, Berchtesgaden. La « croisade » gaulliste pour la libération de la France a été maintes fois retracée. Le visage des hommes et des femmes – plus de 60 000 – engagés dans les Forces françaises libres de 1940 à 1943 demeure pourtant dans l’ombre. Sous l’uniforme à croix de Lorraine, ils ont été de tous les fronts, ils ont subi tous les climats: l’Éthiopie, le Levant, le désert libyen, les oasis du Fezzan, l’Italie, la Normandie, Paris, la Provence et l’Alsace, mais aussi la Russie, les cieux d’Angleterre et d’Europe, enfin toutes les mers du globe, et surtout les convois de l’Atlantique. Jean-François Muracciole évoque dans ce livre le parcours singulier de ces combattants, dégageant un portrait aussi étonnant qu’inédit. Une moitié de Français, souvent bretons, parisiens ou pieds-noirs, y côtoient d’anciens républicains espagnols, des antifascistes de toutes nationalités, des juifs d’Europe centrale et d’Afrique du Nord, persécutés à des titres divers, et des soldats coloniaux venus des quatre coins de l’Empire. Et, pour la première fois, plus de 2 000 femmes y reçoivent un vrai statut militaire. Cette petite troupe bigarrée est issue de milieux socio-culturels élevés, au fort ancrage bourgeois et catholique, et l’engagement y relève d’un patriotisme toujours prégnant, mais aussi de logiques plus intimes, où l’affectivité et les structures familiales ont leur part. L’auteur n’oublie pas la vie quotidienne des combattants: leurs convictions, leurs joies, leurs peines, leurs souffrances, sans oublier l’évaluation délicate de leurs pertes. Enfin, il révèle l’extraordinaire pépinière de talents politiques, administratifs, industriels et scientifiques qu’ont constitué ces combattants pour la France des Trente Glorieuses. Alors que le souvenir des Français libres tend à s’effacer devant celui des résistants de l’intérieur, ce sont les contours de cette « autre Résistance », extérieure et non pas enracinée dans le sol national, que le lecteur découvrira ici.

 

Premier chapitre

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

 

« L’histoire n’est jamais sûre ». Cette réflexion qui ouvre le grand livre de Michel de Certeau sur La Possession de Loudun s’applique parfaitement à une étude sur les Français libres tant les incertitudes les concernant sont légion2.

Incertitude, en premier lieu, sur la qualité même de « Français libre », en dépit d’une définition juridique qui est loin de tout résoudre. Incertitude également sur le nombre des Français libres, les diverses sources se contredisant largement. Incertitude et silence encore des historiens, les Français libres apparaissant comme les grands oubliés de la monumentale historiographie française consacrée à la Seconde Guerre mondiale. Incertitude, enfin et surtout, celle-là même que soulignait Certeau, relative à la méthodologie. En effet, si l’on tente, ce qui est l’objet de ce livre, d’écrire l’histoire des Français libres et non de la France libre, des hommes et non de l’institution, de leur univers culturel et sensible, et pas seulement de leurs combats, de leur devenir et de leur(s) mémoire(s), et non uniquement de leur action durant la guerre, les archives écrites, ces vestiges du passé aléatoires et contingents, s’avèrent tout à la fois nécessaires et très insuffisantes. Dans ces conditions, l’historien doit se souvenir qu’il est aussi enquêteur, au sens que donnait Hérodote à ce terme, et ne pas reculer devant le témoignage. Mais ce même historien, qui a depuis longtemps perdu l’innocence des temps premiers de sa discipline, mesure aussi les pièges et les déformations induits par cette source si particulière.

 

 

 

 

LE SILENCE DES HISTORIENS

 

 

L’historiographie de la Résistance, depuis une quinzaine d’années, avec un léger décalage sur celle de Vichy, a connu un développement remarquable. Ce développement s’est traduit par de solides monographies consacrées à des mouvements de Résistance aussi bien qu’à des personnages importants3. De même, des pistes plus anciennes, comme l’histoire politique de la Résistance, l’histoire de ses idées politiques et sociales4, l’étude de son organisation militaire ou celle des pouvoirs à la Libération ont été approfondies ou refondues5. Dans le même temps, de nouvelles problématiques étaient défrichées : sociologie du phénomène résistant, déterminations sociales, politiques et culturelles de la Résistance (résistance des femmes, des classes moyennes, des hauts fonctionnaires, des chrétiens, des juifs, des étrangers, etc.), logiques et prédéterminations de l’engagement, spécificités de certaines formes de lutte (résistance urbaine, résistance rurale, maquis), dimension culturelle du phénomène résistant, comparaisons internationales6. Enfin, preuve et aboutissement de cet immense travail historiographique, des synthèses commencent à émerger, en particulier sous la forme de dictionnaires7.

 

 

Les Français libres : des résistants ?

 

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