Extrait

Les ingénieurs du bout du monde
de Jan Guillou

Le 09/06/2013 à 16:39

Auteur : Jan Guillou
Editeur : Actes Sud
Genre : litterature nordique
Date de parution : juin 2013
ISBN : 9782330019532
Total pages : 640
Prix : 26.80 €
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Résumé du livre
Premier volet dune captivante saga consacrée aux bouleversements qui ont ébranlé l'Europe du XXe siècle, Les Ingénieurs du bout du monde raconte les tribulations de trois fils de pêcheurs norvégiens lancés dans les grands projets de constructions ferroviaires qui ont précédé la Première Guerre mondiale.Jan Guillou est lun des auteurs les plus lus en Suède où ses uvres se sont vendues à plus de dix millions dexemplaires, et traduites en plus de vingt langues.

La série " Le Siècle des grandes aventures " est à ce jour son projet littéraire le plus ambitieux.

 

Premier chapitre

I
LE BATEAU VIKING

 

En mer, les hommes disparaissent facilement. C’était déjà arrivé et cela arriverait encore, tel était le sort des habitants de la côte, à Osterøya comme sur tant d’autres îles et d’autres fjords.

 

C’est ainsi que Lauritz, Oscar, Sverre et les petites Turid, Kathrine et Solveig, avaient perdu leur père. Nul ne savait ce qui s’était passé au large et cela n’avait rien d’inhabituel non plus. La tempête avait été rude, comme le sont volontiers celles de fin février, mais Lauritz et Sverre étaient des navigateurs expérimentés, ils étaient grands et forts et avaient grandi en mer. On disait d’eux, et seulement à moitié par manière de plaisanterie, qu’ils avaient à coup sûr du sang viking dans les veines. En cela, ils tenaient de leur père.

 

On en était donc réduit à des suppositions. À cette époque de l’année, il était peu probable qu’ils aient été pris par les glaces, qu’ils se soient échoués ou écartés de leur cap au point de s’écraser contre des rochers, ils avaient bien trop l’habitude de la mer pour cela et connaissaient comme le fond de leur poche les eaux des fjords et la façon d’en sortir. En revanche, il était possible qu’ils aient démâté ou fait une pêche si miraculeuse que la cargaison, trop lourde, ait causé le naufrage en se déplaçant dans la cale alors qu’ils tentaient d’échapper à la tempête. Mais à quoi bon se perdre en conjectures ?

Au bout d’une semaine, une fois tout espoir perdu et la responsabilité des deux veuves transférée de leur mari à l’Église, le pasteur de Hosanger vint rendre visite à celles-ci par le vapeur desservant Tyssebotn. Une fois sur le débarcadère, il n’eut plus qu’à demander son chemin.

 

La ferme de Frøynes était située tout près, bien abritée derrière une grande butte. Elle comportait deux corps de logis, ce qui était inhabituel, une étable, deux granges et des greniers vieux de plusieurs centaines d’années, montés sur pilotis pour être hors de la portée des bêtes de proie. Tout cela était bien entretenu et plutôt signe d’un modeste bien-être que de cette pauvreté si fréquente sur les îles. Les frères Eriksen avaient été des hommes pieux et travailleurs prenant soin de leur famille. Ils avaient même construit leur propre bateau de pêche et l’avaient doté d’une cale d’une contenance double de l’ordinaire.

 

Le pasteur rencontra les deux femmes, déjà revêtues de leurs habits de veuves, dans la plus grande des deux maisons d’habitation, où vivaient Maren Kristine, la veuve de Lauritz, et ses trois fils. Les garçons avaient passé leurs habits du dimanche et étaient assis l’un à côté de l’autre, les yeux rouges, sur l’un des bancs, dans la pièce principale. À côté d’eux se trouvaient les trois filles de Sverre et Aagot Eriksen. Leurs petites robes étaient noires et le pasteur se surprit à penser qu’elles venaient d’être teintes. Les six enfants faisaient peine à voir.

 

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