Extrait

Lettres à la France
de Vincent Duclert - Collectif

Le 13/01/2016 à 11:15

Auteur : Vincent Duclert - Collectif
Editeur : Lgf
Genre : lettres et linguistique poche
Date de parution : 06/01/2016
ISBN : 9782253183129
Total pages : 192
Prix : 3 €
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ISBN : 9782253110330

Editeur : Le Livre de Poche

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Résumé du livre
Ce recueil inédit mêle lettres de civils, textes d'écrivains ou d'historiens, discours d'hommes politiques et chansons contemporaines, de Zola à Polnareff en passant par Hugo, Josephine Baker, Simone Veil, etc. Autant de femmes et d'hommes qui ont fait vivre à travers leurs mots les idéaux de liberté, d'égalité, de fraternité, dont le rayonnement devient la cible des fanatiques.

 

Premier chapitre

Chacun, qu’il soit français ou non, a une histoire singulière avec la France, une relation personnelle qui éclaire sa propre vie et sa pensée du monde. L’intime et l’universel nourrissent l’un comme l’autre cette expérience d’une nation à laquelle on appartient par choix et passion, par désir de la servir dans la fidélité à cette idée de la France et aux valeurs d’humanité qui la constituent. Parce que cette relation est souvent vécue comme essentielle, on observe la manière dont chacun tente de l’exprimer, par des mots, des images, des rêves, des événements partagés, des espoirs portés ensemble, ou simplement le visage d’un être aimé depuis longtemps disparu.

Quand Romain Gary s’interroge en 1960, dans les dernières pages des Promesses de l’aube, sur sa longue carrière d’officier de la France libre et de diplomate, il confie : « Je n’ai pas démérité, j’ai tenu ma promesse et je continue. J’ai servi la France de tout mon cœur, puisque c’est tout ce qui me reste de ma mère, à part une petite photo d’identité 1. » Il se souvient alors de son arrivée avec elle à l’âge de quatorze ans, à Nice, fuyant la persécution antisémite et rompant avec le déracinement familial. Il se remémore ses rêves, devenir artiste ou diplomate. Il a été l’un et l’autre. Servir la France signifie bien pour lui construire un pays imaginaire et lui donner sa forme réelle.

Nombreuses, émouvantes, sont les « lettres à la France » qui s’écrivent, pour soi comme pour le plus grand nombre, s’appliquant à traduire l’attachement profond pour un pays imaginé, que l’on hésite plus à mettre au pluriel, évoquant « des France 2 » pour dire « la France ». On sait aujourd’hui combien la relation personnelle au vivant, l’attention portée au monde animal et végétal, traduisent des comportements d’humanité. La découverte des paysages, la connaissance de la diversité naturelle, l’observation des saisons, le sentiment des lieux fondent une relation intime à la France.

Lorsqu’un autre écrivain, Jorge Semprún, venu en France pour fuir une autre persécution, s’est appliqué dans son œuvre à restituer cette part de la France qui a permis aux déportés, enlevés à leur pays, « entassés morts debout » dans des trains, conduits dans les camps nazis, de conserver leur identité d’homme et de femme, il s’est souvenu du dernier regard sur la beauté des lieux, la vallée de la Moselle. « Je vois défiler lentement le paysage de l’hiver. Il y a des promeneurs sur la route, en bordure de voie. Ils vont vers ce petit village couronné de fumées calmes. […] Mon regard n’est rien sans ce paysage », qui est une « certitude fondamentale ». Semprun s’est souvenu de Semur-en-Auxois. « C’était beau, Semur en septembre 3. » Il s’est souvenu plus tard des bords de Marne, à ses joies dominicales racontées par son ami Barizon. Il s’est souvenu du dernier été d’avant la guerre, « la façade de Saint-Étienne-du-Mont dans la lumière précise et plate du mois d’août », les films projetés dans les cinémas de la rue de Rivoli, « Arletty, souvent, et les rives de la Marne [qui] semblaient être le lieudit des bonheurs 4 ».

 

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