Extrait

Nous sommes ce que nous mangeons
de Jane Goodall

Le 23/05/2013 à 09:16

Auteur : Jane Goodall
Editeur : Actes Sud
Genre : habitudes alimentaires
Date de parution : 30/01/2008
ISBN : 9782742770298
Total pages : 286
Prix : 22.90 €
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ISBN : 9782330006303

Editeur : Éditions Actes Sud

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Résumé du livre
La grande primatologue propose dans ce livre une critique transversale des grandes questions alimentaires de notre époque. Elle accuse la surexploitation des ressources, l'élevage intensif, le ravage des océans, le transport excessif des aliments, et les manières de les produire et de les préparer industriellement tout en les appauvrissant. et propose des solutions immédiates.

Les ressources naturelles à la base de l'alimentation de l'homme et des animaux sont gravement menacées : déforestation, surexploitation des sols, élevage intensif, pollution des océans. C'est en constatant que ces problèmes sont liés au mode de vie adopté par les grands pays industrialisés que la primatologue Jane Goodall a commencé à s'intéresser de près à la nourriture des hommes - une nourriture de plus en plus dénaturée.

Face à de tels enjeux, le Dr Jane Goodall propose des réponses immédiates, accessibles à tous. La grande dame des chimpanzés fait ainsi bénéficier le lecteur de ses expériences de scientifique et de fondatrice de l'Institut Jane Goodall, qui inscrit son action dans une démarche globale de protection de la biodiversité, d'aide à la gestion durable et équitable des ressources. Au-delà d'une synthèse des grandes questions alimentaires d'aujourd'hui, ce livre engagé propose des éléments concrets aux consommateurs qui veulent se réapproprier la liberté de bien se nourrir.

 

Premier chapitre

PRÉFACE DE L’AUTEUR POUR L’ÉDITION FRANÇAISE

 

 

 

J’avais cinq ans lorsque mon père a loué une maison au Touquet pour que ma sœur Judy et moi puissions apprendre le français. Mes parents ont donc déménagé avec un autre couple et leurs enfants, et ils ont engagé Angela comme cuisinière. Elle avait été recommandée pour ses talents culinaires et son amour des enfants. Nous ne sommes restés que quelques mois car la guerre a éclaté en Europe et nous avons dû rassembler nos affaires et retourner en Angleterre. Ce n’était pas assez pour que j’apprenne le français ni pour que ma mère Vanne et Angela cessent leur conflit au sujet de l’ail. Vanne n’a jamais aimé l’ail, elle ne pouvait pas s’y faire. Angela, en revanche, était incapable de cuisiner sans ail ! Chaque jour elle essayait d’en rapporter en douce, le cachant sous son manteau, dans sa poche ou dans son sac à main. Évidemment, à peine se mettait-elle à cuisiner que l’odeur la trahissait et maman déboulait dans la cuisine pour exiger d’Angela dans un français rudimentaire qu’elle retire l’ail. Pauvre Angela ! Impossible de demander à une ménagère française de cuisiner sans cet ingrédient si important ! Aucun chef français digne de ce nom n’aurait l’idée de bannir l’ail de sa cuisine, car celui-ci non seulement donne sa saveur aux aliments mais est en plus bien connu pour ses vertus.

Je me souviens des disputes – et des rires – dans la cuisine de la maison du Touquet. Et je me rappelle aussi avoir observé des grenouilles dans le petit étang du jardin. Il ne s’agissait bien sûr pas de l’espèce comestible dont les cuisses accommodées avec de l’ail sont un régal pour les Français ! Jusqu’à notre départ, j’ai sûrement retenu quelques mots de français, attrapés au vol, comme le font les enfants. Quoi qu’il en soit, tous les Anglais connaissent de nombreux mots français car ils ont été intégrés à la langue anglaise. C’est plus que jamais le cas en ce qui concerne le vin, la nourriture et la cuisine. Un maître (d’hôtel) est en charge du bon déroulement du dîner servi dans son restaurant. Au café, nous nous arrêtons pour grignoter un croissant ou une brioche. Un repas débute par un apéritif ou des hors-d’œuvre, il peut ensuite se poursuivre par un consommé et ses croûtons ou encore un pâté. Nous aimons les légumes sautés, les pommes croquettes, les gratins de chou-fleur et les petits pois. Nous nous régalons d’un soufflé ou d’une quiche, et ajoutons de la mayonnaise à nos salades. Nous buvons du vin rosé ou d’autres vins issus de châteaux français aux noms enchanteurs. Au dessert nous hésitons entre une mousse ou une crème caramel. Le moindre plat se teinte d’une saveur exotique lorsqu’il est flambé et que dansent les flammes bleues. Comment ensuite ne pas finir par une liqueur et des petits fours ou pourquoi pas un marron glacé ? Chose étrange, s’il arrive aux Anglais d’aimer les escargots, ils ne songeraient pas le moins du monde à avaler un gastéropode ! La cuisine d’exception est une cuisine de gourmet, et ceux qui ont atteint la perfection culinaire sont des cordons-bleus. Assurément, les Français sont réputés pour leur cuisine, la mode française et ses ingrédients ont exercé une influence majeure sur les habitudes dans l’Europe entière. Il est regrettable que la cuisine française, et c’est aussi le cas de tant d’autres cuisines nationales, soit en recul à cause de la mondialisation.

 

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